Le Mucem entre dans la danse avec une exposition sous forme de long flux audiovisuel

Alors on danse ?

• 23 janvier 2019⇒3 mai 2019 •
Le Mucem entre dans la danse avec une exposition sous forme de long flux audiovisuel - Zibeline

« Nous avons souhaité que l’espace d’exposition soit le plus confortable possible pour laisser au visiteur la possibilité de prendre du temps, de s’installer et de tester différentes manières de regarder », expliquent les commissaires de la nouvelle proposition du Mucem, Émilie Girard et Amélie Couillaud.

On danse ?, un titre comme une invitation à glisser un orteil puis à s’engouffrer dans le mouvement. Car le spectateur, immobile, se projette dans l’écran vidéo comme l’image lui est projetée. Avec nos neurones miroirs, qui s’activent lorsqu’un individu exécute une action, mais également lorsqu’il observe une autre personne le faire, ou lorsqu’il s’imagine agir, voire danser, c’est danser. Aussi l’exposition prend-elle la forme d’un dispositif inédit : 59 films (d’artistes, documentaires, fictionnels, ethnographiques…) diffusés simultanément en un flux de six heures, sur des écrans de taille différente, de la tablette au format cinéma. L’ensemble est ponctué d’extraits sonores signés Dominique Petigand, musicien féru de récits et espaces mentaux, ainsi que de textes littéraires majoritairement contemporains, avec une sélection d’objets issus des fonds du musée.

Autour de l’exposition

Le Mucem, établissement dit « de société », n’entend pas s’attacher au sujet de manière historique ou encyclopédique, mais « partir du postulat selon lequel la danse n’est pas que l’affaire de virtuoses ». La mosaïque audiovisuelle met l’accent sur l’universalité de la danse, les rythmes du corps, et l’appétit phénoménal des êtres humains à se relier par ce biais. Pour le démontrer, le chorégraphe Boris Charmatz, artiste invité de la structure cette saison, convie chaque week-end le public de On danse ? à précéder sa visite d’un échauffement conduit par deux danseurs professionnels. Un « Studio de chauffe d’environ une demi-heure s’adressant à tous, danseurs ou non-danseurs, très souples ou très raides, expansifs ou timides ».

Le 26 janvier, le fruit d’ateliers proposés en amont par la Cie La Zouze, avec des participants venus du centre social Saint-Gabriel, de l’Institut des Jeunes aveugles Arc-en-ciel, d’Aix-Marseille Université et du Club senior plus CCAS Saint-Victor, sera présenté sous forme de phrase chorégraphique.

Parmi les autres invités, la chorégraphe chilo-mexicaine Amanda Piña, qui engage danseurs professionnels, performers, et tout artiste ayant une expérience en spectacle vivant, à participer à un workshop sur les « mouvements en voie de disparition » (les 1er et 2 février). Elle donnera le second jour, sur le même thème, une conférence ouverte à tous dans l’auditorium Germaine Tillion.

Guettez jusqu’au printemps les multiples propositions qui seront faites par les équipes du Mucem autour de la danse. Et si vous en voulez encore, il vous sera possible d’acquérir le catalogue publié conjointement avec les éditions Liénart. Une vraie « gageure éditoriale : comment rendre compte d’une exposition basée sur le mouvement dans un livre ? » Réponse dans l’ouvrage.

GAËLLE CLOAREC
Janvier 2019

On danse ?
23 janvier au 20 mai
Mucem, Marseille
04 84 35 13 13 mucem.org

Photo : Jérôme Bel, Shirtologie, 2015. Vidéo, couleur, son, 11’19 © R.B. Jérôme Bel


Mucem
Môle J4
13002 Marseille
04 84 35 13 13
mucem.org