Derniers jours de confinement : Zibeline partage quotidiennement ses morceaux choisis !

À voir et à écouter le 9 maiVu par Zibeline

• 9 mai 2020⇒9 juin 2020 •
Derniers jours de confinement : Zibeline partage quotidiennement ses morceaux choisis ! - Zibeline

Opéra

La Traviata

Donnée en ouverture d’une saison 2019-2020 de l’Opéra de Paris pour le moins agitée, La Traviata de Simon Stone avait alors fait parler d’elle. Le plus grand mérite du metteur en scène ayant été de s’intéresser à la définition même de la femme publique, la « dévoyée » du rôle-titre, au tournant des années 2020, là où nombre de ses congénères ont préféré faire l’impasse. Sa Violeta y revêt la robe à sequins d’une starlette d’Instagram, ses textos, selfies et autres sponsors et milliers d’abonnés défilent à l’écran : ce n’est plus son corps, mais son image qu’elle monnaye. Le tout fonctionne, sans trop tomber dans les travers de cette dictature du paraître. Notamment parce que la candeur de ses interprètes principaux peut compter sur une richesse vocale à toute épreuve : Pretty Yende séduit en enchaînant les vocalises d’équilibriste, avant de toucher au cœur lorsque vient l’heure des adieux ; Benjamin Bernheim est décidément en voie de devenir un jeune premier idéal, rôle délicat s’il en est.

À voir sur France 5 à 22h25 et en replay jusqu’au 9 juin

Théâtre

Incendies

C’est avec Incendies que le nom de Wajdi Mouawad s’est inscrit sur toutes les lèvres des férus de théâtre. Créé en 2003, adapté au cinéma par Denis Villeneuve en 2010, Incendies contient déjà toutes les ambitions du dramaturge. Dans sa volonté de mêler les tourments encore irrésolus d’une Histoire majuscule aux enjeux éternels de la tragédie grecque, dans l’évidence faussement simpliste d’une langue à la fois lyrique et naturaliste, Incendies s’est fait le mètre-étalon d’un genre. Sa captation en 2006 au Théâtre national de Malakoff rappelle la force du texte mais également la précision d’une direction d’acteurs sans faille, au rythme savamment maîtrisé.

À écouter sur France Culture

Concert

Messe en si

Le magnum opus de Jean-Sébastien Bach demeure un Everest pour tout orchestre s’y attelant. Sa durée –près de deux heures– comme la diversité de ses registres conjuguent à la beauté et à la théâtralité des Passions une monumentalité qui n’a rien à envier aux plus grandes symphonies. L’Orchestre Philharmonique de Radio France a la dextérité requise pour ne rien sacrifier de son identité sur l’autel d’une quête d’authenticité baroquisante : sous la direction avisée de Leonardo García Alarcón, il rend les lignes apparentes à l’oreille nue, rend le contrepoint apparent tout en fignolant ses traits. Ses solistes, très sollicités, sont tout simplement impeccables –mention spéciale aux cuivres, aux contrechants pourtant peu cléments. Les moments de grâce sont nombreux : si on ne devait en citer qu’un, ce serait peut-être l’« Agnus Dei » de Paulin Bündgen, qui arracherait des larmes aux plus insensibles.

À voir sur Arte Concert jusqu’au 15 mai

SUZANNE CANESSA
Mai 2020