Pendant le confinement, Zibeline partage ses morceaux choisis en accès libre

À voir et à écouter le 7 maiVu par Zibeline

• 7 mai 2020⇒7 juin 2020 •
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Série

L’Agent immobilier

Récompensés par la Caméra d’Or à Cannes en 2007 pour Les Méduses, Etgar Keret et Shira Geffen ne se sont pourtant pas réunis depuis au cinéma. L’écrivain israélien s’étant depuis illustré notamment dans le genre délicat de la nouvelle, tandis que l’actrice et réalisatrice faisait cavalier seul –sur un Self Made porté lui aussi par un inaliénable sens de l’absurde. Autant dire qu’on pouvait attendre beaucoup de L’Agent immobilier, qui réunit le couple à l’écriture et à la réalisation et traite à nouveau d’un individu en crise, dont l’introspection ne peut que se muer en quête de signes, puis de sens. Si le rythme s’avère ici encore un peu trop malléable, le jeu dynamité de Mathieu Amalric et la folie douce d’Eddy Mitchell savent rendre justice à cette atmosphère burlesque et kafkaïenne.

À voir sur Arte à 21h et en replay jusqu’au 5 juin

Opéra

L’Ange de feu

L’opéra méconnu de Prokofiev ne ressemble à aucun autre. Son approche de la psyché et de la culpabilité fondatrice a certes tout de la tragédie russe ; son livret, puisant dans l’Allemagne du XVIe siècle la substance symboliste du conte et de la poésie, rappelle le tournant fondateur du XXème siècle ; sa musique, enfin, sublime, outrée, hallucinée de bout en bout, dépasse en ferveur toutes les autres pièces du compositeur que retiendrait la postérité. Elle trouve dans Kazushi Ono et l’Orchestre de Paris des interprètes particulièrement investis. Le metteur en scène Mariusz Treliński tient intelligemment le cap : son Ange de feu mise sur l’étrangeté et l’effroi que permettent l’union entre repères identifiables, souvent cinématographiques, et l’étrangeté surréaliste qui résulte de leurs échanges. C’est bien à cette déflagration que Renata et Ruprecht sont condamnés, l’amour interdit de Renata avec un ange de feu, plus démoniaque que céleste, ayant déjà eu raison de tout avenir. L’hystérie du jeu possédé d’Aušrinė Stundytė est aussi remuante que son instrument vocal demeure maîtrisé, quand l’effarante banalité d’un Scott Hendricks grimé en petit notable recèle des merveilles de timbre et de style.

À voir sur le site du Festival d’Aix jusqu’au 21 mai

Cinéma

O’Brother

C’est avec cet O’Brother aussi inclassable que redoutablement familier que Joel et Ethan Coen ont assuré leur entrée dans les années 2000. Cet hommage postmoderne à un Sud sauvage touchait autant à la parodie qu’à la charge, tout en cultivant une esthétique léchée, portée notamment par une bande musicale aux petits oignons. Le tout révélait au passage le talent comique ahurissant d’un certain George Clooney, habitué jusqu’alors des rôles interchangeables de dodelinant séducteur. John Turturro signait sa dernière collaboration avec le duo, Tim Blake Nelson sa première ; John Goodman y incarnait un affreux jubilatoire de plus.

À voir sur le site de la Cinémathèque de Nice jusqu’au 11 mai

SUZANNE CANESSA
Mai 2020

Festival International d’Art Lyrique d’Aix en Provence
0820 922 923
http://www.festival-aix.com/