Pendant le confinement, Zibeline partage gratuitement ses morceaux choisis !

À voir et à écouter le 7 avrilVu par Zibeline

• 7 avril 2020⇒7 mai 2020 •
Pendant le confinement, Zibeline partage gratuitement ses morceaux choisis ! - Zibeline

Danse

The Beethoven Project

On a coutume, à tort ou à raison, de diviser l’œuvre de Beethoven en trois périodes : celle du classicisme formel, encore sous influence mozartienne, celle de l’héroïsme, frappée par l’apparition de la surdité et un désir d’élargissement de ces formes, et la toute dernière, dite de maturité, marquée par l’isolement du compositeur et une audace stylistique inédite. John Neumeier fait sienne cette progression narrative en la recréant par nomenclature croissante : le piano de Michal Biak s’allie au corps exultant d’Aleix Martínez, rejoint par plusieurs personnages plus ou moins allégoriques -l’inspiration, la bien-aimée…- sur scène, avant que d’autres musiciens de la Deutsche Radio Philharmonie -tous excellents – ne s’y joignent en trio et quatuor. C’est l’orchestre tout entier qui intervient ensuite sur l’Intermezzo, avant que la troisième symphonie ne conclue joyeusement le ballet. La chorégraphie est tout aussi inspirée que les opus choisis : sa capacité et son désir de dire la musique sans s’y greffer littéralement ne peut qu’émouvoir.

À voir sur Arte Concert jusqu’au 12 mai

 

Opéra

Aïda

Il faudra ici passer outre le kitsch hollywoodien de la scénographie, des décors et des chorégraphies pour apprécier cette Aïda très péplum. Captée en 2018, la mise en scène de Sonja Frisell évite cependant les clichés les plus gênants du genre : le blackface jusqu’alors utilisé pour marquer la différence entre les égyptiens et l’éthiopienne Aïda, ou encore l’hystérie des échanges entre les protagonistes féminins. Le jeu est ici théâtral mais maîtrisé, en accord avec la monumentalité délicate des tableaux, portée par des choristes et un orchestre en très grande forme -sous la direction avisée de Nicola Luisotti. Il faut dire qu’Aïda tient certes en Anna Netrebko une grande interprète, mais surtout en Anita Rachvelishvili une Amneris tout simplement inégalée. Sublime !

À voir sur le site du Metropolitan Opera aujourd’hui jusqu’à 23h

 

Théâtre

L’Éveil du Printemps

Peu d’auteurs ont su dépeindre les tourments de la sexualité adolescente aussi bien que Frank Wedekind : écrit pourtant en 1890 dans une Allemagne particulièrement rigoriste, L’Éveil du Printemps résonne encore aujourd’hui. La mise en scène de Clément Hervieu-Léger suggère l’enfermement des personnages sans pour autant s’y appesantir : les décors de Richard Peduzzi écrasent les jeunes gens tout autant que les figures parentales. Les acteurs convoquent l’essence de cet âge ingrat pourtant si difficile à dépeindre : Georgia Scalliet et Christophe Montenez font des merveilles dans leurs rôles sacrificiels, quand l’innocente violence de Sébastien Pouderoux glace le sang.

À voir sur le compte Facebook de la Comédie Française à 20h30

SUZANNE CANESSA
Avril 2020