Pendant le confinement, Zibeline partage gratuitement ses morceaux choisis

A voir et à écouter le 6 avrilVu par Zibeline

• 6 avril 2020⇒6 mai 2020 •
Pendant le confinement, Zibeline partage gratuitement ses morceaux choisis - Zibeline

Cinéma

Habemus Papam

Fraîchement accueilli à Cannes en 2011, Habemus Papam s’est depuis arrogé une place de choix dans la filmographie de Nanni Moretti. À mille lieues du sérieux et des machinations des Young, New et autres Two Popes fleurissant aujourd’hui sur HBO et Netflix, Habemus Papam s’intéressait alors moins à la figure papale qu’à sa renonciation, moins à la foi religieuse qu’à sa disparition soudaine. D’où une certaine déception de ceux qui attendaient du réalisateur italien, tout aussi anticlérical que le psychanalyste -hilarant- qu’il incarne lui-même dans Habemus Papam, une farce joyeusement laïcarde. Car c’est bien au pape Melville, campé par un Michel Piccoli tout bonnement génial, que le réalisateur semble avant tout s’identifier : à ce désir de fuite, de renonciation à un pouvoir qu’il ne se sent pas capable d’exercer. Et aussi à cette incapacité chronique à se reconnaître parmi les siens.

À voir sur Arte à 20h55

 

Danse

Xenos

En décembre 2019, Akram Khan signait avec cet ultime seul en scène un adieu ambitieux à sa carrière de danseur -qu’on se rassure, sa carrière de chorégraphe, entamée dès ses débuts dans le métier, ne faiblit pas. À quarante-cinq ans, le britannique garde à cœur de mêler sa formation de danse contemporaine à sa pratique du kathak indien. Ce défi formel nourrit le propos de Xenos, « l’étranger » en grec : tout comme Outwitting the devil, cette pièce plus intimiste garde à cœur d’évoquer l’Histoire, son universalité comme sa portée trivialement tragique. C’est dans le Nord de l’Inde que commence le récit : les grelots au pied marquent la pulsation de la musique de Vincenzo Lamagna et la joie de la danse, tout en s’apparentant à des chaînes. Le corps du danseur devient celui d’un indien enrôlé dans la première guerre mondiale : la scénographie de Ruth Little figure allégoriquement les tranchées, tandis que le corps toujours en tension du danseur donne de la voix à ces oubliés de l’Histoire.

À retrouver ici jusqu’au 13 juin

 

Théâtre

Les Bijoux de Pacotille

L’émouvant texte de Céline Milliat-Baumgartner, publié en 2015 aux éditions Arléa, a été porté à la scène par Pauline Bureau en 2017 : la comédienne y revenait sur la fin brutale de son enfance, survenue avec la mort de ses deux parents. Ce rapport douloureux, détourné au souvenir trouvait sur scène un retentissement troublant ; son adaptation pour la radio l’enrichit considérablement sur le plan sensoriel. Le surgissement d’une musique, le glissement subtil d’un phrasé, la permanence d’une voix, s’y parent de significations cruciales, à la façon de ces bijoux de pacotille laissés par la mère devenus les reliques d’une innocence perdue.

À retrouver ici 

SUZANNE CANESSA
Avril 2020