Pendant le confinement, Zibeline partage ses morceaux choisis en accès libre !

À voir et à écouter le 5 maiLu par Zibeline

• 5 mai 2020⇒5 juin 2020 •
Pendant le confinement, Zibeline partage ses morceaux choisis en accès libre ! - Zibeline

Danse

Libera Me

L’idée, séduisante, n’en demeure pas moins ardue. Soit faire advenir un opéra à partir d’une œuvre non scénique, voire interdite de scène –religion oblige. Si les Passions de Bach, ou encore le Requiem de Mozart ont été notamment abordés par Katie Mitchell ou Romeo Castellucci, le Requiem de Verdi n’avait pourtant pas fait l’objet d’un tel intérêt. L’œuvre étendue du compositeur étant déjà assez riche en opéras pour alimenter les saisons lyriques… Et pourtant, force est de constater que ce Requiem demeure inclassable : généreux, foisonnant et monumental, il n’a plus grand-chose de l’austérité spirituelle. Le chorégraphe et directeur du ballet de Zurich Christian Spuck l’a bien compris : ses tableaux sont nourris de cet élan vital à toute épreuve. Les solistes y côtoient les danseurs, les chœurs se débattent dans des jeux de lumières alentour, en digne Turba. Le Philharmonia Zürich tonne brillamment sous la poigne de Fabio Luisi. Un spectacle total digne de ce nom !

À voir sur Arte Concert 

Littérature

L’Amie Prodigieuse

La juteuse série de best-sellers d’Elena Ferrante avait déjà donné lieu à une très belle adaptation par Francesco Piccolo et Laura Paolucci. La reconstitution du Naples des années 1950 y évoquait les plus belles heures du cinéma italien, dans son iconographie comme dans le traitement politique de son sujet. Tant et si bien qu’on aurait pu oublier la valeur purement littéraire de L’Amie Prodigieuse, qui rassemble depuis ses débuts toutes les qualités du grand roman populaire, au sens le plus noble du terme. Il suffit de quelques phrases à Amira Casar pour rappeler l’évidence du style, et pour convoquer la langue italienne le temps d’un nom propre à l’accent appuyé. On enchaîne les épisodes comme on dévorait les pages de ce très réussi premier tome –la réalisation au cordeau de Sophie-Aude Picon y est pour beaucoup. De quoi attendre avec impatience le suivant !

À écouter sur France Culture 

Cinéma

Pickpocket

« Cette aventure, par des chemins étranges, réunira deux âmes qui, sans elle, ne se seraient peut-être jamais connues ». Du premier au dernier plan, Pickpocket tient cette intrigante promesse, formulée au générique, en filigrane d’une action toute autre. Les scènes de vol commis par Michel – un Martin La Salle à l’angoisse sourde – sont saisissantes : la caméra de Robert Bresson frissonne avec lui, du plaisir de prendre comme de la peur d’être pris. La rencontre avec Jeanne n’est pas immédiate : la beauté de Marika Green s’épanouit de plan en plan, à mesure que son personnage règle lui aussi ses comptes avec un autre interdit social, qui la condamne à un stigmate bien féminin. L’aventure est ici la transgression, nécessaire à l’avènement du sentiment amoureux.

À voir sur le site de MK2-Troiscouleurs jusqu’au 6 mai

SUZANNE CANESSA
Mai 2020