Pendant le confinement, Zibeline partage gratuitement ses morceaux choisis !

À voir et à écouter le 5 avrilVu par Zibeline

• 5 avril 2020⇒5 mai 2020 •
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Théâtre

L’Avare

À ceux qui en doutaient encore, Catherine Hiegel rappelait en 2009 avec cette mise en scène au cordeau de L’Avare que les aventures d’Harpagon et de son foyer ne prêtent que peu à rire. Il y a certes dans ses échanges et tirades les plus célèbres le verbe malicieux de Molière, et dans les atermoiements amoureux des jeunes gens un espoir non feint. Le mouvement ne manque d’ailleurs pas sur le plateau, où brillent des interprètes rompus à l’exercice -dont l’étonnant Jacques Pouly. Mais la maladie qui plane sur ce sinistre personnage et contamine peu à peu son entourage demeure inquiétante : elle est traitée comme telle par le jeu tranchant et fascinant de Denis Podalydès, proprement hallucinant de mesquinerie et pourtant jamais pris de haut. Sa danse finale, sinistrement enjouée, a de quoi glacer le sang.

À voir ce soir à 20h50 sur France 5

Cinéma

La Veuve Couderc

En découvrant en Simone Signoret la Clémence Bouin inoubliable du Chat, Pierre Granier-Deferre sut qu’il devrait en faire sa Veuve Couderc. Il faut dire que l’intensité sourde de l’actrice crève l’écran, et que sa gouaille intemporelle convoque Simenon sans effort. Face à elle, Alain Delon, sobre et incarné, nimbe d’une mélancolie inquiétante son regard habituel de séducteur, où pointent déjà quelques rides. Bien que considérablement édulcorée, l’intrigue demeure d’une noirceur semblable à celle du roman éponyme : les protagonistes, tous prisonniers de leurs choix et de leur condition, demeurent attachants jusqu’au malaise. Les temps ont cependant déjà changé depuis les années 1930 et leur relecture toute fraîche par le maître du roman policier : si bien que le regard plus accusateur de Granier-Deferre n’en semblerait que plus pertinent.

À voir ce soir à 20h55 sur Arte

Opéra

Macbeth

Première adaptation de Shakespeare par Verdi, Macbeth ne compte cependant pas parmi ses plus célèbres opéras. C’est pourtant, musicalement, un de ses plus aboutis : la ferveur dramatique réussissant particulièrement au compositeur. Sa tragédienne en chef y hérite d’une partition de choix, où Anna Netrebko excelle : elle est tout simplement devenue LA Lady Macbeth de son temps. Face à elle, le Banco de René Pape et Željko Lučić dans le rôle-titre s’avèrent merveilleux. La mise en scène d’Adrian Noble, en transposant l’action dans un contexte guerrier identifiable mais non référencé, fonctionne de bout en bout, de même que la direction d’orchestre de Fabio Luisi, qui enrichit les timbres de textures troubles. Mais peu de choses résistent à la monstruosité sublime de Netrebko.

À voir ici jusqu’à 23h ce soir

SUZANNE CANESSA
Avril 2020