Pendant le confinement, Zibeline partage gratuitement ses morceaux choisis !

A voir et à écouter le 30 marsVu par Zibeline

• 30 mars 2020⇒30 avril 2020 •
Pendant le confinement, Zibeline partage gratuitement ses morceaux choisis ! - Zibeline

Danse

Allegria

Depuis près de 25 ans, le chorégraphe Kader Attou se frotte au langage du hip-hop. Loin de ses gimmicks souvent performatifs et cycliques, il enrichit ses envolées d’un sens du discours et du flou rythmique puisé du côté de la danse contemporaine. Allegria, créé en 2017 au CCN de la Rochelle -dirigé par Kader Attou- a fait l’objet d’une captation au Théâtre Chaillot en 2019. Si la caméra de Mohamed Athamma parvient si facilement à saisir la dynamique à l’œuvre, c’est bien parce que le mouvement se révèle aussi naturel qu’élégant, et que le plaisir des danseurs à naviguer dans les différents tableaux demeure communicatif. Tout juste aimerait-on, afin de faire mentir les clichés afférés au genre, voir cet espace de liberté et de grâce s’ouvrir plus volontiers aux femmes, complètement absentes de la scène…

À voir ici jusqu’au 25 novembre

Opéra

Dialogue des Carmélites

Confinement oblige, le Théâtre des Champs-Elysées met à disposition une de ses productions les plus acclamées. L’opéra de Poulenc, inspiré de l’œuvre de Bernanos, avait de quoi intéresser le mystique Olivier Py. On aurait pu s’agacer, alors, de l’unanimisme de la critique et du public, plus prompts à saluer, sur le répertoire lyrique, le pendant religieux d’un metteur en scène majeur que sa portée subversive. Mais force est de constater que la noirceur désespérée de l’ensemble, servie par la très belle scénographie de Pierre-André Weitz, est tout simplement bouleversante. En fosse, Jérémie Rhorer amène le Philharmonia Orchestra vers une texture impressionniste. Les voix se prêtent tout particulièrement à la délicatesse de l’opus : issues du baroque, défaites d’un vibrato lyrique, et donc promptes à ressusciter le sentiment modal, les grandes Patricia Petibon, Véronique Gens et la formidable Sandrine Piau (que nous interviewions ici) s’emparent de la partition comme peu ont su le faire avant elles. Une immense réussite.

À voir ici jusqu’au 19 mai

Cinéma

Down by Law

Tourné en 1986 dans un noir et blanc inimitable, Down by Law convoquait alors un imaginaire américain encore codifié, en confrontant le polar, ses putes et caïds à une poésie plus contemporaine. John Lurie et Tom Waits incarnent avec un humour tangible ces criminels malgré eux, flegmatiques et taiseux. L’arrivée de la tornade Roberto Benigni et de ses questions perpétuelles sur la langue et ses rouages confronte le blues et le bayou à une vitalité solaire, et à un sens comique dévastateur. Jim Jarmusch y révélait, outre un regard et une technicité inédits, une de ses plus grandes qualités : sa salutaire capacité, en toutes circonstances, à ne jamais se prendre au sérieux.

À voir ce soir sur Arte à 22h25