Pendant le confinement, Zibeline partage ses morceaux choisis en accès libre

À voir et à écouter le 30 avrilVu par Zibeline

• 30 avril 2020⇒30 mai 2020 •
Pendant le confinement, Zibeline partage ses morceaux choisis en accès libre - Zibeline

Opéra

La Nonne Sanglante

En 2018, les efforts concertés du metteur en scène David Bobée, de la cheffe d’orchestre Laurence Equilbey et du Palazzetto Bru Zane ramenaient sur la scène de l’Opéra-Comique cet opéra gothique oublié de Gounod. Grand bien leur a pris ! Adapté du roman de Matthew Gregory Lewis, Le Moine, fondateur pour la littérature fantastique, le livret de Scribe et Delavigne n’est certes pas sans aspérités. Mais la volonté de jouer davantage sur le logos fantastique que sur celui de l’opératique réussit particulièrement à David Bobée, qui mise sur une lisibilité et une fluidité de l’action quand la direction de Laurence Equilbey tire la partition vers un tragique bienvenu. Les airs, comme toujours chez Gounod, se révèlent entêtants et pourtant acrobatiques : Michael Spyres s’y impose comme le ténor romantique par excellence, quand Vannina Santoni et Marion Lebègue tirent le meilleur de rôles dramatiquement et vocalement vastes.

À voir sur France TV jusqu’au 9 mai

 

Cinéma

Seul contre tous

« Philippe Nahon, celui sans qui je ne serais personne. » Les adorateurs comme les détracteurs de Gaspar Noé ne sauraient contredire ces quelques mots prononcés par le réalisateur il y a peu. Le cinéma français n’a plus jamais été le même après Seul contre tous. Il connaissait déjà, après le choc de Carne, disponible également sur le site de la Cinémathèque, un vrai bouleversement. D’une radicalité et d’une violence proprement insoutenables, ce premier court-métrage serait suivi, six ans plus tard, d’un premier long tout aussi cauchemardesque. Et si Carne et Seul contre tous tiennent aujourd’hui encore la route, malgré quelques tics et facilités de mise en scène, c’est évidemment grâce à l’incarnation magnifique de Philippe Nahon. Rares sont les salauds qui ont su marquer la pellicule avec autant de violence, d’abjection mais aussi d’humanité. En hommage à ce comédien hors pair, emporté par le Covid-19 le 19 avril dernier, les Cinémas de la Zone et la Cinémathèque Française diffusent ces deux opus en accès libre. Un bel hommage, nécessaire.

À voir sur le site de la Cinémathèque de Paris jusqu’au 2 mai

 

Concert

Constantin Trinks – Boris Berezovsky

Plus de cinquante captations de concerts, enregistrés par France Musique, sont disponibles sur la plateforme d’Arte Concert. On y retrouve de nombreux bijoux, dont ce très beau concert donné le 13 avril 2018. Où la direction fougueuse du Philhar, en très grande forme, par le jeune Constantin Trinks rencontre la virtuosité cristalline de Boris Berezovsky, sur des pages magnifiques de Franz Liszt. Au sublime Concerto pour piano n°1 succède une Totentanz endiablée, distorsion joyeuse du Dies Irae grégorien, où le piano s’élève gracieusement. L’unique symphonie achevée du méconnu Hans Rott fait par la suite découvrir un compositeur de la trempe de Bruckner et Mahler, disparu jeune des suites d’une maladie mentale et de tentatives de suicide successives. À reconsidérer de toute urgence !

À voir sur Arte Concert jusqu’au 15 mai

SUZANNE CANESSA
Avril 2020