Pendant le confinement, Zibeline partage ses morceaux choisis !

A voir et à écouter le 29 marsVu par Zibeline

• 29 mars 2020⇒29 avril 2020 •
Pendant le confinement, Zibeline partage ses morceaux choisis ! - Zibeline

Théâtre

L’Hôtel du Libre-Échange

Belle idée que cette diffusion, chaque dimanche soir, d’une captation de la Comédie-Française sur France 5 ! Avant L’Avare la semaine prochaine et Un fil à la patte la suivante, c’est le Feydeau de L’Hôtel du Libre-Échange qui ouvre la danse. On comprend que la mise en scène d’Isabelle Nanty ait enfin permis à la pièce, créée en 1894, d’entrer au répertoire en 2017. La mécanique bien huilée des quiproquos et infidélités de tout poil s’enrichit d’un sens de la psychologie moins cruel qu’à l’ordinaire : les facéties chantées de Laurent Lafitte et la soubrette enjouée de Pauline Clément côtoient la mélancolie du génial Michel Vuillermoz et la candeur du non moins formidable Christian Hecq. Une belle visite à « l’hôtel borgne » en perspective !

À voir ce soir à 20h50 sur France 5

 

Opéra

Rigoletto

En 2017, les Chorégies d’Orange accueillaient dans le rôle-titre de Rigoletto son interprète le plus iconique : le grand Leo Nucci -nous en parlions ici. Reprise depuis à l’Opéra de Marseille, la mise en scène de Charles Roubaud excelle décidément à transcrire le gigantisme et le tragique de la musique de Verdi. La distribution n’a pas à pâlir de la comparaison avec Leo Nucci : le « Caro Nome » de Nadine Sierra vaut le détour, Celso Abello a la solidité et l’agilité crâneuses requises pour le rôle du Duc de Mantoue. En fosse, Alain Guingal fait faire des merveilles à l’Orchestre Philharmonique de Radio-France. On en redemande !

À voir aujourd’hui seulement sur France TV et à revoir via France Musique ici

 

Cinéma

Le deuxième souffle

Moins candide, plus délicat, ce « deuxième souffle » est à la fois celui de son personnage principal et celui de Jean-Pierre Melville. Gustave, dit « Gu », a la force, la rage rentrée mais aussi l’inquiétude sourde de Lino Ventura : de son évasion, au début du métrage, à son irrémédiable chute, c’est son regard assiégé, désabusé que l’on épouse. Le réalisateur entrait quant à lui dans la deuxième phase de son évolution artistique : l’action s’y fait cryptique ; la désertion des plans, des dialogues, fait pointer l’angoisse. Les décors marseillais sublimes achèvent de rendre ce polar noir (et blanc) tout bonnement fascinant.

À voir ce soir à 20h55 sur Arte et jusqu’au 4 avril ici

SUZANNE CANESSA
Mars 2020