Sons et images : pendant le confinement, Zibeline partage gratuitement ses morceaux choisis !

A voir et à écouter le 24 marsVu par Zibeline

• 24 mars 2020⇒24 avril 2020, 24 mars 2020⇒24 avril 2020 •
Sons et images : pendant le confinement, Zibeline partage gratuitement ses morceaux choisis ! - Zibeline

Danse

Carmen

Dans la droite lignée de Roland Petit et surtout de Mats Ek, le chorégraphe suédois Johan Inger s’est intéressé avec la Compaña Nacional de Danza de España au Carmen de Bizet. La suite orchestrée par Chtchedrine s’y voit enrichie de la musique plus contemporaine de Marco Alvarez. Les jupes à volants raccourcissent, le toréador est désormais une rock star : le mythe de Carmen est subtilement évacué pour laisser place à une chronique intemporelle, au plus près des mécanismes de la violence conjugale, qui place le spectateur en position de témoin impuissant. C’est cette sincérité à toute épreuve, jusque dans un figuralisme qui puise sa gestuelle dans un langage inédit, que le Carmen de Johan Inger se révèle proprement passionnant.

A voir sur france.tv

 

 

Opéra

Tristan et Isolde

Le Metropolitan Opera de New York poursuit sa diffusion quotidienne de ses plus belles captations. Cette semaine dédiée à Wagner s’ouvre sur son chef-d’œuvre incontestable : Tristan et Isolde. Coproduite par New York et Baden Baden, cette mouture touche à la perfection : Stuart Skelton, en voie de devenir le plus grand ténor wagnérien, et Nina Stemme, Isolde par excellence, sont bouleversants de bout en bout. René Pape en roi Marke et le Kurwenal d’Evgeny Nikitin complètent cette distribution idéale, soutenue par la vigueur de Simon Rattle en fosse. La mise en scène de Mariusz Trelinski s’approprie habilement le logos guerrier du navire pour créer une atmosphère suffocante à souhait. Un chef-d’œuvre on vous dit.

A voir le 24 mars seulement ici

 

Théâtre

Marcel Bluwal

On ne présente aujourd’hui plus Marcel Bluwal et ses mises en scène canoniques. Elles doivent, il est vrai, beaucoup à la modernité de jeu de ses interprètes : son Mariage de Figaro (visionnable ici) peut compter sur le séduisant Figaro de Jean-Pierre Cassel, le comte Almaviva de Jean Rochefort ou encore le Bartholo de Michel Galabru pour célébrer le verbe de Beaumarchais sans effort.
Sa plus célèbre adaptation du Dom Juan de Molière ( à voir ici) fait savamment dialoguer le jeu princier de Michel Piccoli et son pendant bouffe par Claude Brasseur. Mais on aurait tort d’oublier la finesse d’analyse du metteur en scène, et son appréhension rare d’un espace ouvert, insaisissable, d’une acuité inégalée sur Marivaux.

Son Jeu de l’amour et du hasard et sa Double Inconstance (à retrouver ici et ici ) ont pour eux cette profondeur et cette versatilité de ton encore rares. A binge-watcher sans modération !

A voir sur madelen.ina.fr/spectacles-et-concerts-selection

 

SUZANNE CANESSA
Mars 2020