Pendant le confinement, Zibeline partage ses morceaux choisis en accès libre !

À voir et à écouter le 23 avrilVu par Zibeline

• 23 avril 2020⇒23 mai 2020 •
Pendant le confinement, Zibeline partage ses morceaux choisis en accès libre ! - Zibeline

Opéra

Miranda

C’est après un patchwork particulièrement réussi autour des cantates de Bach que Katie Mitchell et Raphaël Pichon ont décidé de concevoir ce pastiche anglophile. La Miranda sort ici tout droit de La Tempête shakespearienne et reprend à son compte les airs de Purcell et de ses contemporains. Le révisionnisme au féminisme bien trempé ne fonctionne pas toujours, mais se révèle souvent réjouissant. Si les partitions ne s’avèreront pas aussi percutantes que les morceaux choisis de Bach, elles n’en révèlent pas moins des interprètes formidables : la présence carnassière de Kate Lindsey s’empare sans peine de la scène, talonnée par une Katherine Watson en très grande forme. Raphaël Pichon confirme quant à lui la solidité à toute épreuve de l’Ensemble Pygmalion, irréprochable de bout en bout.

À voir sur Arte Concert jusqu’au 29 mai

 

Cinéma

Eraserhead

Le premier long-métrage de David Lynch, fauché, mûri pendant sept ans et tourné pour un budget ridicule, surprend encore à chaque plan. Peu de films sont mus par un désir aussi inédit et contagieux de cinéma : on aura oublié, depuis, à quel point les années 1920, leur noir et blanc trempé, leur fantastique bricolé et leur expressionnisme à toute épreuve, ont nourri l’imaginaire du cinéaste. Tout le reste est déjà là : l’omniprésence d’une bande son fabuleuse, les motifs psychanalytiques –la scène au rideau de velours, le sol carrelé-, la folie qui contamine jusqu’à la logique de la narration. Sans oublier ce goût pour l’organique, qui sera pour beaucoup dans le développement du body horror. Culte, mais pas seulement.

À voir sur le site de la Cinémathèque de Nice jusqu’au 26 avril

 

Série

Dérapages

Après une incursion réussie dans la sphère politique avec Baron Noir, c’est du côté du thriller social que le réalisateur Ziad Doueiri s’est aventuré avec Dérapages. Adaptée de son propre roman Cadres Noirs par Pierre Lemaître, la mini-série suit le parcours d’Alain Delambre, chômeur « senior » vivotant de petits boulots depuis son dernier licenciement. Éric Cantona incarne avec un naturel déroutant ce déclassé prêt à tout pour retrouver un emploi digne de ce nom. Le reste de la distribution ne démérite pas non plus, malgré quelques facilités scénaristiques et autres maladresses dans les dialogues : Suzanne Clément excelle à donner corps à un archétype pourtant archi-rebattu, Alex Lutz s’amuse vraisemblablement à en faire des tonnes en patron impitoyable. Difficile de résister à l’engrenage !

À voir sur Arte à 20h55 et en replay jusqu’au 13 mai