Pendant le confinement, Zibeline partage gratuitement ses morceaux choisis !

À voir et à écouter le 13 avrilVu par Zibeline

• 13 avril 2020⇒13 mai 2020 •
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Opéra

Guillaume Tell

On ne retient souvent du Guillaume Tell de Rossini que sa monumentale ouverture, s’étendant sur un bon quart d’heure. Épique, narrative, contrastée dans ses tempi comme dans ses nuances, celle-ci donne les clefs du grand opéra à la française qui s’annonce. Tout y est monumental : ses effectifs, sa durée -quatre heures !- incluant notamment de nombreux ballets, parfois éludés mais ici joués dans leur intégralité. Mais aussi et surtout son sujet, historique et politique : la lutte de Guillaume Tell pour défendre les Suisses contre les Autrichiens étant devenue l’étendard de la Révolution de 1830… Donnée en 2013 au Festival de Pesaro, la mise en scène de Graham Vick ne convoque pas le XIVe siècle de l’intrigue mais mise sur quelques éléments reconnaissables des XIXe et XXe siècle. Peu inspirée mais souvent efficace, elle a cependant pour elle une distribution idéale : Nicola Alaimo en Guillaume Tell, mais surtout Marina Rebeka en Mathilde et Juan Diego Florez en Arnold.

À retrouver sur le site d’OperaVision jusqu’au 7 juillet

Danse

Hommage à Jerome Robbins

En 2018, l’Opéra de Paris célébrait le centenaire du plus célèbre des chorégraphes américains. Connu du monde entier pour son travail d’orfèvre sur West Side Story, Jerome Robbins a en effet beaucoup œuvré à une fusion entre une grammaire classique et son pendant jazz. Son alchimie parfaite avec la musique de Leonard Bernstein sur Fancy Free convoque cette fibre cinématographique, qui mêle un sens de la pose, voire de l’icône, à une fluidité de mouvement incomparable. Le Ballet de l’Opéra se prête à l’exercice avec une aisance impressionnante –Alice Renavand n’est d’ailleurs pas sans évoquer la sensualité de Cyd Charisse. Si bien que le retour aux pointes, aux hanches raides et autres lieux communs classiquissimes pourra désarçonner : le chorégraphe ayant, de Fancy Free en 1944 à A suite of dances, créé cinquante ans plus tard, déployé son style vers d’autres directions. Mais ce serait oublier comment la musique de Debussy ou de Philip Glass s’imprime sur la composition et le mouvement de ses tableaux.

À voir ce soir à 19h30 sur le site de l’Opéra de Paris et en replay jusqu’au 19 avril

Cinéma

Les quatre cents coups

A-t-on besoin aujourd’hui d’une occasion ou d’un prétexte pour revoir Les quatre cents coups ? Ou de rappeler sa modernité fulgurante, malgré les soixante ans qui nous séparent aujourd’hui de sa sortie en salles ? Le cinéma n’a plus jamais été le même après François Truffaut, ni après ce premier film qui a su creuser un sillon à part dans la Nouvelle Vague et chez ses héritiers. L’autobiographique s’y fraye un chemin nouveau, à son corps défendant : tout comme son jeune avatar incarné par Jean-Pierre Léaud, qui adule Balzac jusqu’à le plagier pour un devoir de français, Truffaut voue à ses aînés une admiration sans bornes. Le portrait de l’écrivain brûlera au contact d’un cierge de fortune, et c’est le vol d’une machine à écrire qui entraînera Antoine Doinel dans une série de déconvenues… Généreux et angoissé, Les quatre cents coups est avant tout marqué par cette recherche sans fin d’un langage, littéraire ou cinématographique, à réinventer.

À retrouver sur le site de la Cinémathèque de Nice jusqu’au 19 avril

SUZANNE CANESSA
Avril 2020