Pendant le confinement, Zibeline partage gratuitement ses morceaux choisis

À voir et à écouter le 12 avrilVu par Zibeline

• 12 avril 2020⇒12 mai 2020 •
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Cinéma

Barry Lyndon – Kubrick par Kubrick – Tribute to Barry Lyndon

Les cinéphiles ne risquent pas de se coucher tôt ce soir ! La soirée qu’Arte dédie à Stanley Kubrick s’ouvre sur son magnifique Barry Lyndon : cent fois plus abouti que les sempiternels films en costumes d’alors, cent fois imité et jamais égalé depuis -n’en déplaise à la prévisible Comtesse de Yorgos Lanthimos et autres Peter Greenaway-, Barry Lyndon demeure fascinant de la première à la cent-quatre-vingtième minute. À ceux qui en demanderont encore, le formidable documentaire Kubrick par Kubrick diffusé ensuite apportera plusieurs éléments de réponse inédits et précieux. Le bref documentaire réalisé par Grégory Monro se construit au fil d’échanges éclairants entre Kubrick et Michel Ciment, particulièrement rares, l’interview n’étant pas un exercice très prisé par le réalisateur sans doute le plus secret et le plus taciturne de l’histoire du cinéma. On y découvre moins ce goût du contrôle et cette misanthropie prêtées à tort à Kubrick qu’une angoisse certaine, forte d’une véritable empathie, face aux recoins les moins aimables de la nature humaine. Les insomniaques, ou du moins les plus mélomanes, pourront ensuite raviver leur mémoire auditive en écoutant le concert de l’Orchestre Philharmonique de Radio France, dirigé par Nicolas Altstaedt, qui mêle, avec les clavecinistes Violaine Cochard et Jean Rondeau, le pendant baroque aux envolées classiques et romantiques de ses bandes originales.

À voir ce soir à 20h55 sur Arte
Le documentaire sera diffusé à 23h55 et disponible sur Arte TV jusqu’au 10 juin
Le concert sera diffusé à 0h50 et disponible en ligne jusqu’au 25 avril

Théâtre

Un fil à la patte

Georges Feydeau réussit décidément merveilleusement à Jérôme Deschamps -à moins que ce ne soit le contraire… Difficile en effet de ne pas se laisser prendre par le plaisir communicatif de ce vaudeville au rythme redoutablement affuté, moins évident à faire advenir sur scène qu’on ne pourrait le croire. En témoigne ces tableaux de groupe menés tambour battant, et pourtant si difficiles à coordonner ! À la mécanique comique du texte s’ajoute un humour, une distance bienvenue vis-à-vis de ses archétypes, que la direction d’acteurs achève de défaire de tout sérieux. Florence Viala est une vieille maîtresse à la coquetterie délicate, Hervé Pierre un vieil amant délicieusement fat, Thierry Hancisse un soupirant fantastiquement approximatif. Guillaume Gallienne et Christian Hecq sont tout bonnement irrésistibles ; la jeune première de Georgia Scalliet est pleine d’une intelligence que peu prêteraient à son âge. Elle résume à elle seule l’esprit dont on aurait tort de priver ce théâtre-là !

À voir ce soir sur France 5 à 20h55 et sur France TV jusqu’au 19 avri

Danse

La Pastorale

La très belle Pastorale de Thierry Malandain n’est pas un hommage à Beethoven de plus : le compositeur joue pour le directeur du CCN de Biarritz un rôle important : la brève pièce Les Créatures, créée en 2003 faisait déjà du compositeur la métonymie d’une genèse marquée par le seul désir de danser. La Pastorale et son amour d’une nature insaisissable et bienveillante étend ce désir de sortir d’un cadre rigide –rendu ici tangible par des cages individuelles- pour laisser poindre la grâce d’une nouvelle humanité. Celle-ci est avant tout féminine : les danseurs comme les danseuses adoptent tous des robes et poses éthérées, prêtées par le classicisme aux temps anciens. On est ici en pleine utopie, avec ce que le genre comporte de générosité et d’espoir, particulièrement incarnée par la candeur contagieuse d’Hugo Layer.

À retrouver sur Arte Concert jusqu’au 17 juin

SUZANNE CANESSA
Avril 2020