Derniers jours de confinement : Zibeline partage ses morceaux choisis en accès libre

À voir et à écouter le 10 maiVu par Zibeline

• 10 mai 2020⇒10 juin 2020 •
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Opéra

La Belle Hélène

Cette captation réalisée au Théâtre du Châtelet par Philippe Béziat a reçu le prix spécial du festival international de télévision Golden Prague. Et il faut avouer qu’elle le méritait amplement : le dispositif ingénieux de Giorgio Barberio Corsetti et Pierrick Sorin, procédant d’incrustations via écrans bleus des personnages sur des maquettes successives, s’y voyant restitué avec une vraie délicatesse. L’opérette de Jacques Offenbach transforme l’épisode fondateur de l’Iliade en vaudeville référencé ; la mise en scène fait du recours même à l’artifice non pas un procédé, mais un geste joyeux. Gaëlle Arquez se révèle particulièrement aguerrie en Hélène : princière malgré elle, jamais minaudière, forte d’une diction et d’une ligne vocale imperturbables. En fosse, le (très !) jeune chef Lorenzo Viotti mène joyeusement la barque de l’Orchestre Prométhée.

À voir sur Arte Concert jusqu’au 23 mai

Théâtre

Le Petit-Maître Corrigé

Boudé depuis le milieu du XVIIIe siècle, Le Petit-Maître Corrigé compte pourtant parmi les pièces les plus nuancées et subtiles de Marivaux –et ce n’est pas peu dire. Elle fut, fait rare, créée non pas devant le public italien mais à la Comédie-Française, où elle connut un accueil catastrophique. C’est, entre autres, pour réparer cette injustice que Clément Hervieu-Léger choisit de la ramener sur les planches de la maison-mère, et d’en révéler toute la portée révolutionnaire. Le « petit-maître » aristocratique incarné par Loïc Corbéry venu prendre femme en province s’y verra copieusement malmené. La grâce d’Hortense, qui ne connaît pas de faux-semblants –impeccable Claire de La Rüe du Can– saura corriger cette morne arrogance, de même qu’un cadre bucolique peu propice aux courbettes et au fard –très belle scénographie d’Éric Ruf. Les jeux de pouvoir chers au dramaturge s’y font moins implacables qu’à l’accoutumée : la charge politique laissant peu à peu la place à une finesse psychologique inédite, que le tournant des Fausses Confidences entérinera.

À voir sur France 5 à 20h50 et en replay jusqu’au 17 mai

Cinéma

Plein Soleil

Si le mystérieux Tom Ripley de Patricia Highsmith a tant passionné le cinéma, ce n’est pas (que) parce qu’il a permis à des cinéastes aussi divers que René Clément, Wim Wenders, Liliana Cavani ou encore Anthony Minghella d’attarder leurs caméras sur des lieux sublimes. La côte amalfitaine, les plages de Hambourg, les quais parisiens et vénitiens s’y teinteront invariablement d’un noir pur jus, nourri de tensions sociales exacerbées et de désirs refoulés. Le charme d’Alain Delon s’y révélant aussi vénéneux que le cadre impitoyable dans lequel il évolue. La monstruosité tacite des gens bien nés trouve dans Maurice Ronet et Marie Laforêt des interprètes idéaux.

À voir sur Arte à 20h55

Suzanne Canessa
Mai 2020