PriMed, à découvrir cette année en ligne

À tout prix

• 5 novembre 2020⇒5 décembre 2020 •
PriMed, à découvrir cette année en ligne - Zibeline

Venus de 13 pays, 23 films documentaires entreront en lice, dont 13 inédits en France – 12 réalisés par des femmes. Six sections compétitives : Prix des Jeunes de la Méditerranée, Enjeux Méditerranéens, Mémoire de la Méditerranée, Art, Patrimoine et Cultures, Première œuvre et Court Méditerranéen. 10 Prix à la clé. Pour celui des Jeunes, des lycéens francophones d’Égypte, du Liban, de Sicile devront choisir entre Babel sur scène de Dominique Fichbach, regards d’adolescents sur la migration et l’intégration, Non.Oui de Mahmoud Jemni, réquisitoire de jeunes Tunisiens contre le racisme, et One More Jump de Emmanuele Gerosa qui met en parallèle deux Palestiniens champions de parkour : l’un a fui Gaza, l’autre y est resté.

Thématiques fortes

Passant du salon de coiffure de l’OM (La mi-Temps d’Anaïs Baseilhac) à l’extraordinaire destin du premier dessin animé arabe (Bukra fil mish-mish de Tal Michael), abordant la réalité par le prisme de points de vue originaux ancrés dans le quotidien, éclairant l’Histoire méditerranéenne par l’orpaillage des archives, la sélection du PriMed 2020 laisse émerger des thématiques fortes. La jeunesse bien sûr, confrontée à un monde hostile, tel ce Bosniaque élevé dans un foyer d’islamistes radicaux qui tente de se reconstruire contre les préjugés dans The Infidel, premier film de Nejra Latic Hulusic. La force des femmes à travers le portrait que fait Enrico Cerasuolo de la magnifique actrice de Rome Ville ouverte, dans La Passion d’Anna Magnani. Ou par la prise de parole des Turques de Pelin Esmer s’appropriant Shakespeare pour mettre en scène une Queen Lear. Leur vulnérabilité aussi, face aux injonctions socioreligieuses, pression sur les Égyptiennes célibataires de plus de trente ans (Heart, you deserve that ! de Lamia Idriss). Opprobre sur les mères célibataires au Maroc (Mères de Myriam Bakir).

Autre sujet fort : les mouvements de résistance. Collectif comme celui du peuple grec face aux diktats européens (Chained-Agorá II, de Yorgos Avgeropoulos) ou, plus personnel, pour les Israéliens qui refusent de partir à l’armée (Objector de Molly Stuart).

Enfin, courent dans cette édition les interrogations sur l’histoire commune des deux rives de la Méditerranée, en particulier sur les relations franco-algériennes : le déplacement de deux millions de personnes par l’armée française (À Mansourah tu nous as séparés de Dorothée-Myriam Kellou), les versions des « événements », mises en regard par un couple pied-noir/ algérien (Ne nous racontez plus d’histoires de Carole Filiu-Mouhali et Ferhat Mouhali), le nom de villes algériennes sur une carte de France (La terre passe de Anne Raveau et Nicolas Travaux).

Éclectique, foisonnant, stimulant, pédagogique, politique et créatif, le PriMed une fois de plus ouvre très grand, et les yeux et l’esprit.

ELISE PADOVANI
Novembre 2020

PriMed
28 novembre au 5 décembre
Toutes les informations pour rejoindre en ligne le festival sur primed.tv
28 & 29 novembre : vote en ligne pour le Prix du public

Photo : La passion d’Anna Magnani © Enrico Cerasuolo