La 37e édition du festival Montpellier danse, du 23 juin au 7 juillet

À Montpellier toute la ville danse

• 23 juin 2017⇒7 juillet 2017 •
La 37e édition du festival Montpellier danse, du 23 juin au 7 juillet - Zibeline

De la postmoderne danse aux écritures actuelles, le paysage chorégraphique présenté par Montpellier danse est l’exact miroir d’un art qui ne cesse de se recréer, de s’interroger, de s’entremêler d’un continent à l’autre.

Le 37e festival Montpellier Danse est une édition « disons, bigarrée » pour reprendre l’expression de son directeur Jean-Paul Montanari. Mais cela ne signifie pas qu’il s’agit d’un patchwork ou d’un festival puzzle. Au contraire ! La programmation, abondante et intergénérationnelle, tend un fil rouge entre les imaginaires et les esthétiques, depuis la pionnière américaine Lucinda Childs et le néerlandais Hans van Manen jusqu’à Daniel Linehan ou Sharon Eyal, en passant par les désormais « classiques » Angelin Preljocaj, Mathilde Monnier ou Marie Chouinard.

À l’instar de la Biennale de Lyon, Montpellier danse est devenu une « école du spectateur » qui peut oser le répertoire comme la création expérimentale dans un souci d’exigence permanent. Ainsi les festivaliers suivent depuis de nombreuses années le travail d’Angelin Preljocaj (reprise de Spectral Evidence et La Stravaganza), de Mathilde Monnier (création avec Alan Pauls d’une pièce pour 12 danseurs El Baile), du Ballet de l’Opéra de Lyon (Dance de Lucinda Childs sur une musique de Philip Glass), de Fabrice Ramalingom accueilli d’abord avec La Camionetta puis avec R.A.M.a (également présent à L’Été danse des Hivernales, voir ci-dessus) ou encore de Bernardo Montet de retour à Montpellier danse après onze ans d’absence pour sa dernière création Carne. Car Montpellier danse est un véritable chaudron à créations, plébiscité par les chorégraphes de tous horizons ! Put your heart under your feet… and walk du sud-africain Steven Cohen dédiée à son âme-sœur perdue Elu ; Endo de David Rampach qui revisite l’histoire de la performance et des pratiques d’art action ; Duos d’Emmanuel Gat avec sa compagnie et Tenworks (for Jean-Paul), clin d’œil au maitre des lieux, avec le Ballet de l’Opéra de Lyon ; Autoctonos de l’argentine Ayelen Parolin ; Bacchantes, Prélude pour une purge de la cap verdienne Marlene Monteiro Freitas ; Dança Doente du brésilien Marcelo Evelin ; ou Tapis rouge de l’ivoirienne Nadia Beugré pour n’en citer d’une infime partie. Des occasions rares de se frotter à des pratiques du corps qui s’inscrivent dans des histoires et des traditions extra européennes.

En amont ou en aval des spectacles, films et vidéos de (et sur) la danse se taillent une place de choix dans la programmation concoctée, pour partie, avec la collaboration d’Arte. Cette année, le focus « Un demi-siècle de création chorégraphique en image » rendra hommage à Merce Cunningham. Si toutefois le spectateur n’est pas rassasié, il peut encore suivre des leçons de danse, participer à des forums, naviguer entre les interventions urbaines… car ici on parle danse, on pense danse, on vit la danse à chaque instant. C’est une formidable leçon de danse à l’échelle de la métropole.

MARIE GODRIN-GUIDICELLI
Juin 2017

37e festival Montpellier danse
23 juin au 7 juillet
Divers lieux, Montpellier
0800 600 740
montpellierdanse.com

Photo : Dance, Ballet de l’Opéra de Lyon Lucinda Childs -c- Jaime Roque de la Cruz