A coups de hacheVu par Zibeline

 - Zibeline

Où s’est-il enfui, le bourreau fou qui a planté sa hache dans une épave de voiture, préférant faire grincer la carrosserie plutôt que de frapper à mort un passant ? Que pense-t-il de son travail, cet homme qui vient d’éventrer le toit bourré d’amiante d’un appartement, et fixe l’objectif par dessus son masque de papier ? Quelle gorge vise donc ce chien, figé dans un rictus diabolique ? Et ces deux hommes au visage empâté par l’alcool, dont l’un observe l’autre comme s’il allait le clouer au mur, que ne se disent-ils pas ?

Sortir les photographies de Myr Muratet de leur contexte pour les détailler une par une : il y a là de quoi frémir. Les observer comme un ensemble, une continuité de son œuvre sur les friches et les marges : le frisson est le même. Il n’y a pas de «bienveillance» dans le regard de l’artiste, de celle qui malgré toutes ses bonnes intentions implique une certaine hauteur, mais une forme de reconnaissance. Une façon d’admettre, dans un rapport d’homme à homme, que l’autre est ce qu’il est. Dérisoire autant que démesuré, avec sa violence, ses voies de traverse, ses blocages et sa perdition.

En contrepoint, l’attention d’une femme, Marie Pellaton, portée sur les mêmes terrains vagues mais au ras du sol. Son installation évoque le chemin d’un archéologue attiré par la verdure et l’étrange destin des déchets… après l’exécution ?

GAËLLE CLOAREC

Mai 2012

L’exécution et autres sentences

Myr Muratet

jusqu’au 14 juillet

La Compagnie, Marseille

 

La Compagnie
19 rue Francis de Pressensé
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