Journal Zibeline - bannière pub

"L’armée de Rome, la puissance et la gloire", exposition à voir au Musée départemental Arles Antique

Pour une histoire vivante

L’armée de Rome, la puissance et la gloire, nouvelle exposition du Musée départemental Arles Antique, s’attache à l’un des piliers de la civilisation romaine, composante de la « pax romana ». Rencontre et visite.

Claude Sintès, directeur du musée, explique le choix du sujet et l’axe de son étude. « Il s’agit d’un thème assez ignoré du grand public, qui complète ceux déjà abordés lors des expositions des années précédentes. Il met en valeur à la fois une recherche, des collaborations internationales et de bons partenariats. C’est un peu l’esprit que j’ai essayé d’insuffler à ce musée pendant tant d’années. Il est important de tisser des liens qui vont perdurer, car les collaborations à ce niveau permettent de souder les équipes qui travaillent ensemble. »

Katia Schörle, commissaire scientifique de l’exposition et conservatrice associée au Musée d’Art Classique de Mougins, souligne : « Il est d’autant plus important de pouvoir présenter au grand public une vision globale et accessible de l’armée romaine, que les experts spécialistes nous disent qu’ils n’ont rien vu d’aussi complet en France depuis avant la Première Guerre mondiale ! Je pense qu’il est nécessaire d’insister aujourd’hui sur le fait que la Méditerranée était unie, diverse, riche, et ne fonctionnait que parce que nous étions capables d’échanger, de communiquer, comme on l’a fait dans l’exposition… »

De beaux objets habités

La vie sourd des 250 objets exposés (issus du musée et de 13 autres structures nationales et internationales) dans une scénographie de Jean-Jacques Hernandez et Clarice Celli : l’exposition, comme un discours, se déploie en différents modules et la colonne centrale propose une circulation autour de laquelle s’articulent les différentes sections thématiques. Certaines pièces des collections privées et même nationales n’ont jamais été montrées au public. Ainsi, on découvrira parmi d’autres pépites, pour la première fois hors du Royaume-Uni, des chaussures de cuir provenant du musée de Vindolanda (situé près du mur d’Hadrien en Écosse), remarquablement conservées grâce aux vertus anaérobiques (pas de présence d’oxygène) de la tourbe. Là, des casques sont mis en scène pour que l’on perçoive leur évolution, ici, un umbo en bronze (partie centrale des boucliers) portant la marque du coup violent d’une épée, ici encore des aquarelles précises et vivantes de Jean-Claude Golvin évoquent la bataille d’Actium, un triomphe romain, ou la création des premiers ports militaires à Misène et Ravenne, tandis que les combats maritimes se concrétisent avec le rostre d’un navire, une maquette marine… D’autres maquettes mettent en scène l’artillerie, spécificité romaine, qui était un élément de victoire ! On verra aussi les « papiers militaires » qui reconnaissent la citoyenneté au bout des 20 à 26 ans de service, le salaire du soldat (en partie payé avec une portion de sel)…

Comme des Romains !

On peut aussi s’essayer à, « non se déguiser, mais s’habiller en Romain », éprouver le poids de la cotte de maille, porter un casque, un bouclier, et apprécier le travail de reconstitution des objets par des artisans actuels à partir des originaux et des gestes du passé (avec les travaux de l’association ACTA). Le président de l’association Human’Hist basée à Autun raconte les marches reconstituées entre Bibracte et Alésia par la Légion VIII Augusta, avec le paquetage classique du soldat romain, environ 50 kilos ! Lourdeur de l’armement mais finesse sidérante des motifs qui ornent les différentes armes. Autre curiosité, les masques portés avec les casques d’apparat lors des « Hippika Gymnasia », masculins et féminins… le féminin représentant les Amazones ou les populations vaincues par la civilisation romaine qui leur faisait la grâce d’apporter son confort et son organisation… Nihil novi sub sole (Rien de nouveau sous le soleil, en langue barbare) !

MARYVONNE COLOMBANI
Janvier 2019

L’armée de Rome, la puissance et la gloire
jusqu’au 22 avril 2019
Musée départemental Arles Antique, Arles
04 13 31 51 03 arles-antique.departement13.fr

Photographie : Claude Sintès, torse d’un empereur cuirassé, Marbre du Musée d’Art Classique de Mougins, Katia Schörle © MC


Musée Départemental Arles Antique
Avenue 1e-Division-France-Libre
Presqu’île du Cirque Romain
13200 Arles
04 13 31 51 03
http://www.arles-antique.cg13.fr/