Pour rajeunir les portes

 - Zibeline

L’intitulé semble sorti tout droit d’une saga de SF, à la fois mystérieux et stimulant, Les portes du temps… Quelle belle invite ! Cette opération a été lancée en 2005 par le ministère de la Culture et de la Communication en partenariat avec le ministère de la Ville et de l’Acsé dans le cadre «des objectifs communs en faveur de la cohésion sociale, de l’intégration, et de l’accès des publics défavorisés à la culture». Les instances de l’État comme celles des régions soutiennent l’initiative, parce qu’elle correspond à un réel besoin de la population et s’appuie sur un travail profond de démocratisation des savoirs. En effet les lieux que sont les musées ou les monuments ne sont pas fréquentés naturellement par la jeunesse. Casser les réticences, dédramatiser l’accès à la culture, permettre à chacun une véritable appropriation de son patrimoine, pérenniser les dispositifs mis en place, c’est ambitieux, mais voici déjà la 8ème édition, avec 15 participations nouvelles dont pour notre région la Seyne sur Mer avec le Musée Balaguier (architecture et botanique jusqu’au 21 juillet), le Musée de la Faïence du Château Pastré à Marseille (ateliers d’Arts plastiques jusqu’au 27 juillet) ou le Centre International d’Art Contemporain de Carros (approche sensuelle de l’Art contemporain jusqu’au 27 juillet).

En tout, 56 musées et monuments ouvrent ces fameuses Portes du temps à plus de 35 000 jeunes en France, ceux issus de milieux défavorisés étant prioritaires. S’adaptant à ses publics, Les Portes du temps ne tombent cependant pas dans la banalité de la simple animation, mais cherchent à exploiter les sites partenaires comme des lieux de réflexion au premier sens du terme : on y interroge les signes, les traces du temps, on interprète, on expérimente, on crée, à partir de parcours structurés autour d’une thématique. Formation des personnels d’accueil,  intervention d’artistes professionnels issus du spectacle vivant, des arts plastiques, médiateurs culturels, éducateurs, scientifiques, tout est mis en œuvre pour favoriser le dialogue, même la période choisie, les vacances scolaires d’été, et celles de la Toussaint. Les objectifs pédagogiques et culturels sont renouvelés chaque année pour éviter l’essoufflement, et les jeunes à partir de 7 ans sont concernés, avec une attention particulière apportée au public exigeant des adolescents. Pour ce faire, les discours scientifiques comme artistiques sont exigeants, et une véritable immersion est proposée, ces actions pouvant durer plusieurs jours.

Ainsi, à Nice, le Musée de Paléontologie humaine de Terra Amata offre des journées « ype préhistoire» du 6 au 10 août : visite rallye, énigmes, dont un puzzle scientifique et la rencontre avec un paléontologue, atelier de fouilles préhistoriques, puis de reconstruction de la cabane de Terra Amata, production du feu comme les marins du néolithique !

À Glanum (Saint Rémy de Provence) un stage de 5 jours (association EMAHO) invite les ados jusqu’au 27 juillet à mettre en son et en images un conte mythologique (création des personnages, des objets, des décors, numérisation, montage de leur DVD), mais il y a aussi une réalisation d’animation en pâte à modeler (storyboard à partir des vestiges de Glanum), un atelier roman photo, un autre d’initiation à l’archéologie, au tissage, à la mosaïque, à la vie des enfants gallo-romains… Alléchant n’est-ce pas ! Un apprentissage dynamique où l’on se confronte aux savoirs et à leurs applications, mais qui garde pourtant un bel air de vacances…

MARYVONNE COLOMBANI

Juillet 2012

 

Les Portes du temps

http://lesportesdutemps.culture.gouv.fr