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Philo kakou, la nouvelle rubrique philo de Zibeline

Philo Kakou

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On ne voulait pas refaire le coup de la philosophie pour les nuls. Mais en grec ça passe mieux. Kakou est le génitif de kakos, mauvais, laid. Donc notre Philo Kakou défendra la philosophie des mauvais ! Et puis, comment éviter le jeu de mot, l’ambiguïté provençale avec le cacou, celui qui se la pète, qui fait le fanfaron ? Philosopher n’est-ce pas aussi faire le fanfaron, se donner des airs d’intelligence alors que les choses seraient parfois simples à expliquer ? Comme la Pop Philosophie qui va philosopher sur les sorbets au chocolat, sur le foot, les émissions de télé…

Alors philosophons pour les mauvais que nous sommes, fanfaronnons, mais sur des choses sérieuses. Et pourquoi pas sur la philosophie, pour commencer cette rubrique ? Car Platon justement, premier président de la sainte trinité philosophique avec Descartes et Kant, n’aimait pas les mauvais. Plus précisément il n’aimait pas la philosophie kakou, la philosophie des mauvais sophistes. La philosophie pour lui devait être élitiste. Il n’aimait pas que tout le monde puisse parler, raisonner, convaincre et s’expliquer sur tout et n’importe quoi. Et c’est bien justement le sens d’une philosophie populaire, comme on essaie de l’apprendre dans les lycées : donner goût à chacun au plaisir de la parole, à l’analyse raisonnée, la discussion pacifique. Sans cette articulation construite du discours il n’est pas de société humaine digne de ce nom, mais une atomisation de sujets passifs gavés de brèves sur Internet.

Platon, au travers de son maitre Socrate qu’il « met en scène » dans ses discours, n’aime pas les sophistes, ces maîtres de la parole qui apprennent aux jeunes gens à bien parler, argumenter. La vérité pour les sophistes n’appartient pas au sage qui sait tout, mais à celui qui sait manier la parole : et cela s’exerce, tout le monde peut jouer le jeu, c’est la démocratie. Mais Platon hait la démocratie, le monde des apparences, du bazar et de la pagaille des discours de tous. Sa philosophie et sa conception de la vérité sont aristocratiques. Seul le philosophe éclairé a accès au mode des idées que Platon invente. D’une certaine manière il invente Dieu, et le peuple, les mauvais, sont floués…

Suite la semaine prochaine !

RÉGIS VLACHOS
Septembre 2018

Illustration : Diogène, par Philippe Perotti © Tnk1Prodz