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Philo Kakou épisode 3 !

Philo Kakou 3

Philo Kakou épisode 3 ! - Zibeline

«Cacou » ; en provençal, celui qui se la pète, qui fait le fanfaron. En grec Kakou est le génitif de kakos, mauvais, laid. Donc Philo Kakou, la philosophie du mauvais !

Dans les épisodes précédents on évoquait rapidement la naissance de la philosophie, et plus précisément l’origine de l’idée de vérité. Un véritable combat entre Platon et les sophistes, ces maitres de la parole pour qui la vérité dépend de celui qui sait argumenter. Alors qu’auparavant la vérité résidait dans le mythe, c’est à dire la parole d’autorité des poètes : et on rappelait que vérité en grec se dit aletheïa, ce qu’il ne faut pas oublier.

Mais le brave Platon ne va pas rompre avec tout ça ; il se sert de mythes et d’allégories dans ses dialogues ; et son personnage principal, Socrate, utilise les discours et donc les procédés des sophistes. Mais il faut le dire, le procédé rhétorique et dialogique de Platon n’est souvent qu’un prétexte. Du genre (citation kakou très approximative) :

Socrate : Penses-tu mon cher Glaucon que cet arbre puisse représenter tous les arbres ?

Glaucon : Oh non Socrate !

Socrate : Et si nous pouvions voir tous les arbres aurions-nous l’idée de ce qu’est un arbre ?

Glaucon : Ah…eh bien là peut être…

Socrate : Tais-toi et dis « non » mon pauvre ami !

Glaucon : Oh non, cher Socrate !

Socrate : Ne penses-tu pas qu’il nous faudrait une idée de l’arbre que nous ne pouvons pas voir ? Glaucon : Euh, là je dis non ?

Socrate : Mais non abruti là tu dis oui !

Glaucon : Oh oui Socrate il nous faudrait une idée de l’arbre que nous ne pouvons pas voir !

Pour Platon l’enjeu est de trouver une unité au travers de la multiplicité des impressions sensibles : par exemple la multiplicité des arbres que l’on peut voir dans une vie, même de garde forestier, ne nous donne pas l’idée de ce qu’est un arbre. Et surtout il faut mépriser cette réalité sensible à cause de la supériorité des mathématiques. Qui sont le plus vrai des savoirs, des « sciences », alors même qu’aucun cercle, aucun chiffre n’existe dans la réalité sensible.

Du coup on en vient à l’allégorie de la caverne, mais la semaine prochaine ! Je sais, on l’avait promis pour cette semaine mais en matière de vérité qui tient ses promesses ? Pas les kakous…

Régis VLACHOS
Octobre 2018

Illustration : La mort de Socrate peint par Jacques-Louis David ( Metropolitan Museum of Art N.Y)