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Philo Kakou n°27

Philo Kakou 27

Philo Kakou n°27 - Zibeline

PHILO KAKOU

«Cacou » ; en provençal, celui qui se la pète, qui fait le fanfaron. En grec Kakou est le génitif de kakos, mauvais, laid. Donc Philo Kakou, la philosophie du mauvais !

Rappelez-vous, la semaine dernière, l’Âne de Buridan et ses hésitations nous avaient menés au résultat implacable et logique qu’avoir le choix, ce n’est pas être libre !

On reprend autrement : imaginons deux amis qui gagnent chacun un forfait pour le voyage de leur choix. Le premier rêve depuis toujours d’aller en Argentine (surtout au Sud, en Patagonie, mais bon…). Le deuxième lui ne sait pas quoi choisir, hésite et pendant des mois n’arrive pas à se décider. Voilà donc la question : lequel des deux est le plus libre ? Celui qui a déjà choisi et qui donc n’a plus le choix ou celui qui n’a pas choisi et qui a encore le choix ? Il n’y a que les méchants kakous pour dire qu’être libre c’est avoir le choix ; puisque dans ce cas il serait bien évidemment absurde de montrer que celui qui est le plus libre est celui qui n’a pas choisi ; et qu’à contrario celui qui a choisi n’est plus libre.

Vous avez donc tout compris à la liberté d’indifférence de Descartes dans la quatrième de ses Méditations Métaphysiques ! C’est une condamnation du choix comme conséquence de notre ignorance.

« Eh oh pépère » on va lui dire, « tu dégages le choix comme ça ? Mais c’est juste une marque de notre finitude, une donnée essentielle de notre humanité. Tu ne peux tout de même pas dire qu’à chaque fois qu’on a le choix on est con et donc pas libre ! »

« Je rectifie », il dit, René : « quand on a le choix, on est libre lorsqu’on fait un choix spontané et volontaire ». Ah ok ça va mieux ! Ça nous permet de comprendre que lorsqu’on est engagé dans une action, ou une cause, on est plus libre que celle ou celui qui ne glande rien et n’est engagé(e) dans rien.

RÉGIS VLACHOS
Mars 2019