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Philo Kakou n°20

Philo Kakou 20

Philo Kakou n°20 - Zibeline

«Cacou » ; en provençal, celui qui se la pète, qui fait le fanfaron. En grec Kakou est le génitif de kakos, mauvais, laid. Donc Philo Kakou, la philosophie du mauvais !

On s’est un peu baladé dans le dernier numéro, passant d’Aristote à Charlie Hebdo ! Mais c’était janvier et ce massacre d’il y a 4 ans. D’ailleurs ce n’était pas simplement une balade commémorative : quoique l’on pense, où que l’on aille dans la pensée et la philosophie en particulier, on se heurte toujours à la croyance. De Platon à Aristote, en passant par Kant, Hegel, Descartes, on flirte avec la croyance en des idées, des catégories. À savoir que l’esprit possède certains principes logiques de toute éternité. À savoir que nous avons une conscience de nous mêmes, une idée de notre libre arbitre et, pour tous les philosophes, une idée de Dieu. De ces grands esprits que l’on vient de citer, aucun n’a remis en cause l’idée de Dieu, ni celle de l’âme, ni celle de la liberté. Vous allez me dire que personne ne remet en cause le fait qu’on ait une conscience, une idée de la liberté ; bien que l’idée de Dieu en ait pris un coup…mais qui ne lui fait pas trop mal !

Alors voilà, parler de l’histoire de la philosophie, du moins évoquer en kakou Platon et Aristote comme nous l’avons fait depuis septembre, c’est évoquer l’histoire des vainqueurs, des spiritualistes qui ont fait basculer les matérialistes dans le camp des loosers. Et ils étaient nombreux pourtant les Héraclite, Démocrite, Leucippe, Diogène, Épicure, Lucrèce,… à penser qu’il n’y avait ni conscience, ni âme, ni liberté et encore moins de Dieu. Que toutes les productions intellectuelles n’étaient que le résultat de phénomènes physiques.

Voilà comment, pour retomber sur nos pattes et notre petit hommage à Charlie de la semaine dernière, on peut comprendre pourquoi, dans ce cadre spiritualiste qu’est notre civilisation, la religion se porte comme un charme ; et qu’il faut bien Charlie pour lui mettre sur la gueule. Donc promis, la prochaine fois on creuse en kakou l’athéisme et ce beau sujet de philo : « Peut-on ne pas croire ? »

RÉGIS VLACHOS
Janvier 2019