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Philo Kakou n°14

Philo Kakou 14

Philo Kakou n°14 - Zibeline

«Cacou » ; en provençal, celui qui se la pète, qui fait le fanfaron. En grec Kakou est le génitif de kakos, mauvais, laid. Donc Philo Kakou, la philosophie du mauvais !

Retour sur Aristote, qui nous a fait sortir de la contemplation platonicienne pour rentrer dans l’observation des choses mêmes. Il ne s’agit plus de dire que les sophistes sont des beaux parleurs et nous embrouillent, mais de s’intéresser à l’art oratoire. Finie la malédiction platonicienne de l’art et du théâtre, Aristote va prendre à bras le corps le théâtre et définir dans La Poétique les fondements de la représentation, de l’émotion du spectateur et cette fameuse catharsis, purgation de l’âme. Et au diable ce mépris du sensible, des objets de la nature, des comportements humains. Aristote va être un encyclopédiste et répertorier tout ça. C’est le début du travail universitaire.

À la volonté d’absolu de Platon il répond philosophiquement par la curiosité de la singularité. « Quelle est l’idée d’arbre qui rend compte de tous les arbres ? », se demandait Platon. On s’en fout dit Aristote, on va répertorier tous les arbres.

« Quel est le meilleur gouvernement ? » s’interroge Platon dans les Lois. On s’en tape aussi dit Aristote. Avec ses collaborateurs – bon, des potes en toge comme lui – il va répertorier les 134 constitutions des cités grecques !

Alors soyons kakou, soyons mauvais et scolaires et passons par les fameuses 4 causes pour celles et ceux qui ne s’en souviennent pas. Soit une statue. Déjà Platon l’aurait brisée en morceaux et se serait servi du marbre pour sa salle de bain puisque c’est une œuvre d’art, qui donc ne sert à rien, et ne fait que recopier le réel qui est lui-même une copie d’un original perché dans le ciel des idées ! Soit une statue, quelle est sa cause se demande Aristote. « Eh, c’est facile c’est le sculpteur banane ! » Oh là ! pas si simple, il y a 4 causes, le sculpteur n’est que la cause efficiente ; ensuite il y a la cause matérielle qui est le marbre ; puis la cause formelle qui est la forme de la statue ou ce que ça représente. Et enfin, le plus important, la cause finale, qui est ce en vue de quoi la statue est faite : la gloire, l’argent…

Alors vive la finalité, beau sujet pour la semaine prochaine !

RÉGIS VLACHOS
Décembre 2018