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Philo Kakou n°12

Philo Kakou 12

Philo Kakou n°12 - Zibeline

«Cacou » ; en provençal, celui qui se la pète, qui fait le fanfaron. En grec Kakou est le génitif de kakos, mauvais, laid. Donc Philo Kakou, la philosophie du mauvais !

Bon on ne va pas s’embêter avec une histoire de la philosophie, et faire un tralala sur Platon-Aristote… Ce qui nous intéresse dans cette philo kakou depuis septembre, c’est comment cette idée de Dieu est venue dans la tête des hommes.

Pour Platon c’est donc avec le monde intelligible, lieu de l’essence de toutes choses. Avec Aristote on y vient vraiment ! Lui se demandait comment l’Idée pouvait avoir une communication avec un truc terrestre, pour qu’il soit ce qu’Elle est ; si Elle était un peu dans le truc Elle n’était donc pas séparée de lui : il n’y avait pas de monde intelligible distinct.

Et Dieu dans tout ça ? Oh ! mollo on y vient. C’est le même raisonnement métaphysique qui amènera Spinoza à sa critique d’un Dieu créateur de tous les trucs. Parce que si Dieu a créé l’univers on peut légitimement se demander ce qu’il foutait avant. Et il aurait pu ne pas le créer : le monde, fruit d’un caprice divin ! Très étrange, cette idée de communion entre une essence et son truc. C’est ce qui fera dire à Spinoza Deus sive natura, Dieu ou la nature, sous-entendu c’est pareil.

Idem pour Aristote : la raison d’être des trucs est dans les trucs eux-mêmes ! Alors il nous faut trouver leur cause formelle et logique : ne pas se poser la question « pourquoi sont-ils là ? », mais « comment sont-ils là ? ». On peut noter en passant que c’est lorsque les hommes se sont posés la question du « comment » et non plus du « pourquoi » que la science est entrée en jeu et qu’on a abandonné la téléologie. C’est à dire l’explication des trucs par leur finalité, leur raison d’être : les conneries du genre « Dieu l’a voulu » !

Alors pour le comment, et la cause des causes, c’est une autre partie de rigolade qu’on verra la semaine prochaine…si Dieu veut !

Régis Vlachos
Novembre 2018