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Philo Kakou n°11

Philo Kakou 11

Philo Kakou n°11 - Zibeline

«Cacou » ; en provençal, celui qui se la pète, qui fait le fanfaron. En grec Kakou est le génitif de kakos, mauvais, laid. Donc Philo Kakou, la philosophie du mauvais !

Avant de se moquer il faut être de bonne foi… si si, un peu. Soit l’idée de Dieu : avant de la moquer, comprendre que les hommes pendant des siècles ne pouvaient expliquer certaines choses : pourquoi il y a un monde plutôt que rien, pourquoi l’homme est sur la Terre, pourquoi les étoiles et les planètes tiennent dans le ciel… On ne va pas se moquer de nos ancêtres : il fallait bien un Dieu pour expliquer tout ça, c’est à dire une explication magique. Aujourd’hui qui peut croire encore à cette hypothèse improbable ?

On s’égare, revenons à la critique par Aristote de la théorie des idées. Les philosophes sont toujours de mauvaise foi entre eux. Ils critiquent leurs prédécesseurs sans s’acquitter de ce qu’ils leur doivent. Aristote doit beaucoup à Platon, il s’en fiche et balance dans sa Métaphysique tout une série de vannes à son maître. Donc le vieux soutenait qu’il ne pouvait y avoir des choses sur Terre, dans le monde sensible, que parce que il y avait des idées hors du champ du réel auxquelles ces choses participaient : si il y a des arbres c’est parce que il y a une Idée d’arbre, dans le ciel des Idées, qui permet de dire « ceci est un arbre » : comme une définition dans un dictionnaire qui doit être assez générale pour regrouper tout ce qu’elle encadre. « Je me marre ! dit Aristote : qu’est-ce que ça veut dire que participer ? Comment cet arbre que je vois participe à l’Idée d’arbre ? Platon emploie des mots n’importe comment : il joue au philosophe et se dévoile en poète enivré ! »

Mais le pire n’est pas là : la cause des choses serait donc en dehors des choses elles-mêmes ! Voila un grand enjeu métaphysique : non, pour Aristote cette cause formelle et matérielle ne peut être que dans ce monde même. On pourrait deviner une critique par avance de l’idée de Dieu ; chouette ! Mais non, Aristote nous foutra une cause motrice hors du monde et bonjour le monsieur Dieu des crétins…euh, pardon, des chrétiens à venir !

RÉGIS VLACHOS
Novembre 2018