Le secteur complexe des musiques actuelles en PACA

Musiques actuelles en Région

Le secteur complexe des musiques actuelles en PACA - Zibeline

Depuis 1999 la Région Paca a mis en place un plan de soutien aux musiques actuelles. Qui, malgré les difficultés générales du spectacle vivant, semble préserver en partie les lieux, les manifestations et les groupes de la disparition, en leur donnant financement, visibilité et outils de structuration.

Le secteur est complexe, d’abord parce que les musiques actuelles sont un fourre-tout : musiques amplifiées, du monde, traditionnelles, rock, électro, jazz, chanson française ou non, tous ces mondes là ont peu à voir, se détestent souvent, flirtent parfois avec la musique contemporaine, avec le folklore régionaliste ringard ou avec la variétoche populiste qui n’ont pas de raison d’être soutenus par une politique publique, ou le sont dans d’autres cadres.

Mais la complexité vient aussi de la profonde inégalité professionnelle. Est-ce dû au fantasme du chanteur star, du genre Je m’voyais déjà en haut de l’affiche ? Il y a dans ces mondes des petites assos mais aussi des entreprises à but très lucratif, et les producteurs véreux ne sont pas que des fantasmes issus de Phantom of the paradise ; il y a ceux qui réussissent, et tous ceux qui vivent autour des minimas sociaux, entretenant le mythe du rebelle incompris1… Ajoutez à ces difficultés la crise du CD, qui renvoie sur les scènes des artistes aux cachets mirobolants, la fermeture de certains festivals de «tourneurs» comme les Voix du Gaou, et vous aurez idée de la difficulté de la tâche.

Car à partir de quel seuil faut-il aider ceux qui jouent en amateurs dans leur garage, et jusqu’où faut-il aider les lieux et groupes qui gagnent de l’argent ? Les nouvelles mesures du plan tentent de structurer la production musicale (labels, éditeurs…) nécessaire à la filière et actuellement en difficulté, et d’aider les lieux de diffusion à développer des résidences d’artistes et des actions culturelles. Ces nouvelles mesures, financées par une enveloppe budgétaire supplémentaire, viendront s’ajouter au soutien habituel aux festivals (dont Babel Med est le fleuron régional), aux SMAC (Scènes de musiques actuelles, label national) et aux LDMA (Lieux de développement de Musiques actuelles, label régional), à l’aide à la structuration aux festivals et lieux non conventionnés, au soutien à la création, à la diffusion et à la production des groupes professionnels, (voir  www.journalzibeline.fr/nos-talents-sur-cd/), à l’aide à la pratique amateure et aux tremplins…

Car les musiques actuelles, en région Paca, c’est 200 festivals, 900 structures organisatrices dont 100 lieux à la programmation régulière, 110 structures de production musicale, 500 groupes professionnels, 2500 groupes amateurs… Un secteur économique essentiel, et un indispensable espace de partage et de fête.

AGNÈS FRESCHEL
Avril 2015

1 Ainsi le collectif Chanson en Paca a distribué aux journalistes un tract dénonçant le soutien à la «langue anglaise» dans le plan régional, alors que les mots «langue française» n’y figurent pas à la demande des groupes chantant en langue d’Oc…

Illustration : Phantom of the paradise