Certains rêvent que Marseille devienne Hollywood. Puisse le rêve survivre sans le formatage américain

Marseille fait son cinémaVu par Zibeline

• 13 mars 2015 •
Certains rêvent que Marseille devienne Hollywood. Puisse le rêve survivre sans le formatage américain - Zibeline

Le breakfast-conférence qui s’est déroulé au cinéma Le Prado le 13 mars se donnait pour but, outre de promouvoir l’agence de communication encorenous qui l’organisait, de croiser des regards experts sur le thème: Marseille-Provence, terre de tournage. Devant journalistes, cinéastes, responsables de festivals, il y avait sur scène, regroupés en binômes 8 intervenants. Pour les institutions, Aïcha Sif, présidente de la Commission Culture à la Région et Serena Zouaghi, Conseillère Mission Cinéma et Audiovisuel de la Ville. Pour Plus belle la vie, le feuilleton-culte qui réunit plus de 5 millions de spectateurs du lundi au vendredi et occupe les 5 plateaux de La Friche : Richard Guedj et Philippe Carrese. Pour la production, Christophe Bouffil (Tita Productions ) qui a choisi de ne pas «monter» à Paris et Sabrina Roubache (société Gurkin) qui travaille sur le projet NETFLIX avec Dan Frank pour la nouvelle série Marseille, un House of cards français. Côté «vitrine», Olivier Marchetti président de Provence Studios qui propose à Martigues 26 000 m2 de plateaux et Jean Michel Albert président de Marseille Webfest, un laboratoire de fictions et un marché international de séries pour les télés, et les géants comme Apple ou Amazon. Derrière leurs petites tables-pupitres, tous semblaient prêts à jouer leur partition. Ce qui fut fait en mode satisfaction ponctuée de mutuelles congratulations : le temps n’était pas à la critique. Marseille se vend bien quitte à utiliser le folklore et la fiction sulfureuse. Marseille est une marque comme son savon. Et l’entertainment, un outil performant de promotion du territoire, comme en attestent les chiffres assez vertigineux : 162 sociétés de production, 900 structures liées à l’économie cinématographique et télévisuelle, 7000 personnes travaillant dans la filière, 30 festivals dont Cannes et le Fid, 145 M de chinois qui «connaissent» Marseille à travers la série Family on the go. Une croissance de 58% pour les tournages entre 2012 et 2014 et 30 M€ injectés dans l’économie locale dont 30% pour l’emploi. Il s’est tissé ces dix dernières années un réseau professionnel de plus en plus performant. Il est possible aujourd’hui de réaliser, produire et post produire à Marseille et les talents ne manquent pas. Une école de cascadeurs parisienne va se délocaliser et il y aurait place pour des formations supplémentaires dans les métiers du cinéma. De la répartition des subventions publiques, il n’a pas été question. On sait que la Région aide les projets de scénaristes et cinéastes en devenir, comme elle participe à la production de films grand public à gros budgets. Le 7è art étant noyé dans une production audiovisuelle où se côtoient le pire et le meilleur. Même si on peut être impressionné par la quantité, les parts de marché, les taux de croissance, la qualité est indispensable. Laisser la possibilité à ceux qui ne sont pas «dans le moule» de s’exprimer sans garantie de retour sur investissement, aussi. Certains rêvent que Marseille devienne Hollywood. Puisse le rêve survivre sans le formatage américain.

ELISE PADOVANI
Mars 2015

Photo : © Gaumont distribution

Cinéma le Prado
36 Avenue du Prado
13006 Marseille
04 91 37 66 83
http://www.cinema-leprado.fr/