Stefano Boeri et Rudy Riciotti lancent la plate forme vidéo régionale de culture architecturale

L’orchidoclaste bandolais et le professeur milanais

Stefano Boeri et Rudy Riciotti lancent la plate forme vidéo régionale de culture architecturale - Zibeline

Architectes et futurs architectes étaient venus nombreux ce 14 décembre à la Maison de l’Architecture pour assister  au lancement officiel de la première plate forme vidéo régionale de la culture architecturale, destinée à devenir à terme une base de données de référence. Chacun pourra y voir ou y revoir conférences et débats organisés dans notre région, en version courte ou intégrale. Après la signature électronique de la charte d’adhésion au projet, par les sept structures fondatrices ( DRAC, CROA PACA , ENSA-M, MAV PACA, CAUE 13 , FUA de Nice, Image de ville ) et la présentation rapide de l’outil sur grand écran, tous attendaient Stefano Boeri et Rudy Riciotti, concepteurs des deux réalisations phares de 2013,  le MuCem et la Villa Méditerranée, spatialement si proches et architecturalement si éloignées. Deux récits disjoints juxtaposés par une volonté politique peu soucieuse de leur compatibilité. Hélas, la neige sur l’aéroport de Milan ayant considérablement retardé l’architecte italien, plus qu’un débat entre les deux hommes, ce fut un one man show de Rudy de Bandol, se glorifiant de sobriquets dépréciatifs sans supporter tel Cyrano qu’on les lui serve, ne craignant ni l’excès, ni l’amalgame. Orchidoclaste provocateur à qui il sera beaucoup pardonné pour avoir construit un si beau musée, dans une ville parfois semblable au désert des tartares par l’attente métaphysique de quelque chose qui ne vient jamais. Se refusant à parler du projet de Boeri en son absence, il a commenté les photos du MuCem, avec une réelle émotion soulignant ce que chacun peut désormais voir : le rapport respectueux et amoureux au Fort St Jean, le jeu des transparences, la sensualité des peaux, des résilles, du béton à caresser, la douceur des structures en «os de poulet». Et ce que révélera Mer-veille, la  mise en lumière du musée par Yann Kersalé. Stefano Boeri, enfin arrivé, a présenté professoralement son œuvre  la situant dans un contexte plus large de requalification portuaire en Méditerranée. Architecture d’acier, de tension, de prouesse avec le spectaculaire porte-à-faux de 40 mètres et la darse de 2000 m2 pour «héberger» la mer, grue, plongeoir ou périscope tourné vers l’autre rive, le bâtiment du milanais traduit l’interpénétration de l’eau et de la terre. Les deux écrins cohabitent maintenant face au large, prêts à accueillir ce qui a été promis et que nous attendons avec impatience.

ÉLISE PADOVANI

Décembre 2012

Retrouvez ici l’intégralité de la conférence

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