Entretien avec William Benedetto, du Cinéma l’Alhambra

L’Estaque, nombril du monde

Entretien avec William Benedetto, du Cinéma l’Alhambra - Zibeline

L’Alhambra réussit depuis des années la performance de projeter des films artistiquement exigeants, de soutenir la création des réalisateurs d’ici, et de travailler dans un quartier qui a fait la Une des journaux tout l’été.

Zibeline : Pourquoi ce Pôle régional d’éducation artistique au cinéma n’est-il pas un cinéma comme les autres ?

William Benedetto L’essentiel de notre quotidien, c’est de travailler avec les scolaires, les professeurs, et le tissu socioculturel. Dans ce quartier, comme dans tout quartier périphérique, il faut avoir conscience du territoire. Les projections en plein air cet été, au cœur de quartiers villages, ou des Cités comme la Consolation, dont tout le monde parle actuellement, se sont très bien passées. Grâce aux travailleurs sociaux on connaît l’Alhambra dans les cités. Même si la tension permanente qui y règne est très alarmante, il y a du monde, tout se déroule correctement. Il est plus que temps de donner des moyens à nos quartiers. Mais il ne faudrait surtout pas oublier les moyens culturels. Projeter un film, même si c’est Kung Fu Panda 2 comme cet été, permet de créer ou de conserver un lien.

Comment avez-vous construit votre saison cette année ?

La programmation publique est fondée sur les mêmes principes que l’an dernier, avec des rendez-vous, des avant-premières, le maximum d’événements qui permettent la rencontre, le dialogue, entre les gens, entre les arts. On commence avec FFM, puis Fred Nevchehirlian viendra chanter pour la projection du dernier film de Leos Carax (le 13 sept). Cette année on aura aussi des rendez vous Marseille en cinéma le samedi après-midi, qui s’intéresseront aux cinéastes vivants, d’ici ou non, Régis Sauder, Emmanuel Mouret, qui ont filmé Marseille. Et puis on participe à MP2013, avec les Ecrans voyageurs, on  tisse aussi des partenariats avec le MuCEM… on va accueillir le 25 oct l’avant-première du dernier documentaire de Régis Sauder (réalisateur de Nous, princesse de Clèves ndlr) tourné aux Baumettes, Être là ; on a en exclu un petit bijou, La vierge, le copte et moi de Namir Abdel MesseehD’ailleurs ce réalisateur égyptien, s’il n’y avait pas eu des ateliers comme les nôtres, n’aurait sans doute pas fait de cinéma. Parce que la transmission, l’éducation et la création, que l’on sépare, sont en fait souvent liées…

Entretien réalisé par AGNÈS FRESCHEL

Septembre 2012

Alhambra
2 rue du Cinéma
13016 Marseille
04 91 46 02 83
http://www.alhambracine.com/