Le Théâtre des Halles commence sa saison dès le 7 octobre. Entretien avec Alain Timár

Les Halles, ou l’ouverture

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Le Théâtre des Halles commence sa saison dès le 7 octobre. Entretien avec Alain Timár - Zibeline

Dans une ville dont le cœur théâtral bat si fort l’été que les saisons sont plus ombrageuses, le Théâtre des Halles propose un programme tout en créations. Rencontre avec Alain Timár, son directeur.

Zibeline : Vous commencez votre saison dès le 7 octobre, proposant cette année 26 événements, 40 levers de rideau… Après un Festival d’Avignon de suractivité, comment cela est-il possible ?

Alain Timár : Difficilement, mais l’équipe est formidable. Et puis des complémentarités s’installent entre ce que nous proposons durant le festival et notre saison. Juillet 2017 fut un millésime exceptionnel, la fréquentation a explosé toutes nos statistiques et les compagnies étaient ravies… Certains donc veulent revenir : Zabou Breitman, Marie Dissais, Cendre Chassanne seront présentes durant la saison, d’autres viennent au contraire proposer des spectacles que nous retiendrons peut-être pour le Festival. Les Avignonnais, qui souvent ne voient pas les spectacles car ils sont complets, réclament qu’ils soient présents en saison. Et puis, profondément, cela fait partie de notre mission d’être là toute l’année. Les habitants ont besoin d’avoir un autre rapport au théâtre, régulier et familier, que celui qu’ils ont durant le Festival, où l’agitation souvent les perturbe, et parfois les fait fuir. Nous voulons leur offrir la même qualité de spectacle que nous exigeons durant le Festival : des compagnies jeunes, des créations contemporaines, un véritable questionnement sur le monde…

Et une attention particulière aux compagnies de la région…

Oui, cela aussi nous semble relever de nos missions : nous accueillons Vincent Franchi en résidence avant la création de son spectacle Les Orphelins de Dennis Kelly, que nous coproduisons. Nous accueillons aussi Nannetolicus Meccanicus Saint, qui a été créé au Liberté de Toulon, Les Inassouvis, de la bande varoise de Guillaume Cantillon. Les lectures d’Olivier Barrière, autour de Laurent Mauvignier cette année, Wow (Frédéric Ferrer) qui passe aussi à la Joliette à Marseille… Nous collaborons avec le Conservatoire, la Scène Nationale de Cavaillon, l’Opéra d’Avignon…

Où vous faites votre première mise en scène d’opéra…

Oui, Le Dialogue des Carmélites, de Poulenc. Le nouveau directeur de l’opéra m’a sollicité, j’en suis ravi (voir p 96). Je veux essayer d’y parler non de religion mais de foi. Blanche pour moi est quelqu’un qui fait un rêve… Le plus difficile n’est pas de rentrer dans le livret de Bernanos, parce que là on a vraiment une œuvre justement, et pas un livret, le plus difficile est d’entrer dans le rythme de la musique : à l’opéra ce n’est pas le metteur en scène qui décide du temps, et il faut écouter et réécouter la musique, chronomètre en main, pour s’imprégner de son rythme. J’ai beaucoup de chance, les chanteuses sont exceptionnelles : Ludivine Gombert est aussi une comédienne très touchante, l’idéal pour incarner Blanche…

Vous mettez également en scène Les carnets d’un acteur, dans votre théâtre. Une compilation de textes ?

Ah non, surtout pas ! Il s’agit de mettre en scène un homme de ménage qui rêvait d’être un acteur et qui va profiter d’être seul dans un théâtre pour dire les textes qu’il trimballe avec lui depuis toujours. Une histoire d’amour de théâtre, de foi aussi, où on entendra Dostoïevski et Shakespeare… Mais il y a aussi tous ceux que j’accueille, Catherine Anne qui a écrit et mis en scène les derniers jours d’Olympe de Gouges, Valérie Paüs qui met en scène l’Homme Jasmin, ce texte si frappant d’Unica Zürn, une peintre surréaliste qui a basculé dans la schizophrénie. Et aussi Moman de Grumberg, un joli conte sur le détachement nécessaire des enfants…

Entretien réalisé par Agnès Freschel
Septembre 2017

Au programme du mois :

6 & 7 octobre Logiquimperturbabledufou (18 & 19 octobre à Anthéa Antipolis, Antibes)

11 au 15 octobre Science en scène
WOW !
de Frédéric Ferrer, Singing in the Brain de Sébastien Bizzotto, et La Science quelle histoire. Tous les spectacles sont gratuits, à partir de 10 ou 14 ans.

18 octobre Mustang
En présence de la réalisatrice, Corinne Glowacki. Un film sur les Paysans Peintres de ce pays proche du Tibet Chinois, dans le cadre du Parcours de l’art.

9 & 10 novembre Entre eux deux
Une pièce sensible de Catherine Verlaguet, mise en scène par Adeline Arias : deux ados se rencontrent dans une chambre d’hôpital.

Photo : Singing in the brain – Sébastien Bizzotto © DR