Alexis Moati s'installe pour trois ans à La Gare Franche

Le renouveau dans la continuité

Alexis Moati s'installe pour trois ans à La Gare Franche - Zibeline

La Gare Franche prend un nouveau tournant en invitant Alexis Moati à coécrire le projet artistique de ce lieu hors norme.

En 2013, après la disparition de son «capitaine» Wladyslaw Znorko, l’équipe de la Gare Franche s’est posé la question de la poursuite de son action, décidant qu’«il ne pouvait pas rester qu’un lieu de résidence d’artistes» comme le dit Catherine Verrier, sa coordinatrice générale. «Ça manquait d’un fil conducteur, de quelqu’un qui nous accompagne sur une durée significative pour impulser son énergie, et bien sûr développer son propre projet.» Après un appel à candidature, c’est le projet d’Alexis Moati qui a été retenu : la cie Vol Plané, qu’il dirige, s’installe donc pour trois ans dans ce lieu «atypique, poétique et singulier».

Une collaboration entre les deux compagnies -Cosmos Kolej et Vol Plané- s’instaure sur l’ensemble du projet artistique, «pour le faire perdurer, l’accompagner ailleurs en gardant les couleurs de la Gare Franche». L’idée première de maison d’artistes, de laboratoire, de creuset de création dans lequel «on cherche, on se trompe, on travaille», devrait s’ouvrir à des artistes de tous horizons invités pour «travailler ensemble sur des thèmes communs dans un temps qui ne soit pas uniquement un temps de production». Le lieu sera également ouvert à des architectes, des sociologues, des philosophes, des journalistes, invités à poser un regard différent, des Regards francs, pour le requestionner. Il s’agit de remettre la Gare franche au cœur d’une circulation qui comprendra le quartier, la ville, la région et la France, pour un développement à grande échelle.

Depuis sa création, et selon la volonté de Znorko, la Gare Franche est un «trait d’union géographie et humain» entre le Plan d’Aou et le noyau villageois de Saint-Antoine, en plein cœur du 15e arr. ; convaincu que l’avenir de Marseille passe par ces quartiers-là (les quartiers Nord, parmi les plus pauvres de Marseille), Alexis Moati va plus loin en souhaitant créer une «classe libre» d’une quinzaine d’adolescents, «témoins privilégiés de l’aventure», qu’il désire étroitement associés au lieu. Dans la continuité du travail entamé par Vol Plané sur cette période précise (Peter pan en 2010, La Petite Sirène en 2013, et Et le diable vint dans mon cœur qui sera créé la saison prochaine), ces jeunes seront sollicités en tant qu’auteurs dans les domaines du théâtre, de la danse, de la photographie… devenant véritablement acteurs des projets, en sollicitant aussi tous les artistes en résidence. Et pour que l’aventure soit complète, il est aussi question de voyages à l’étranger, pour leur faire rencontrer le monde différemment, voire le réenchanter !

Toujours dans un souci de liaison avec le centre-ville, et pour que le rayonnement de ces actions soit le plus large possible, Alexis Moati a demandé à ce que ce «Groupe des 15» puisse avoir le label du Conservatoire de Marseille, pour devenir une «classe libre décentralisée».

Tout se met en place petit à petit, et pour officialiser son implantation au cœur de ce territoire, Vol plané prépare déjà sa pendaison de crémaillère qui aura lieu le 10 octobre. Et quoi de mieux pour se présenter que de jouer ! L’Avare et Le Malade imaginaire seront donnés ce soir-là, en attendant d’autres précisions à venir. En attendant aussi de savoir si, comme le souhaite Catherine Verrier, ce projet peut «devenir un chemin intéressant à reproduire».

DOMINIQUE MARÇON
Juillet 2014

Illustration : carte Google Maps – Accès Gare Franche