Retour sur La Fête de la librairie indépendante qui s'est déroulée le 26 avril en France et en Belgique

Le jour des livres et des rosesVu par Zibeline

• 26 avril 2014 •
Retour sur La Fête de la librairie indépendante qui s'est déroulée le 26 avril en France et en Belgique - Zibeline

On dit que Saint Georges sauvant une demoiselle en détresse des griffes d’un dragon reçut d’elle un livre en remerciement. Et que du sang de ce dragon, jaillit un rosier. Une jolie légende, qui serait à l’origine des célébrations de la Sant Jordi tous les 23 avril, fête catalane au cours de laquelle on s’offre livres et roses. Cette date est également proclamée par l’UNESCO, depuis 1995, Jour du livre et du droit d’auteur. C’est de ce contexte qu’est née, à l’initiative de la librairie parisienne des Abbesses, la Fête de la librairie indépendante. Portée par l’association Verbes pour la 16e fois, cette manifestation rassemblait ce printemps 480 libraires en France et en Belgique.
À Marseille, Maupetit, Des livres et vous, Imbernon, À l’encre bleue, L’Attrape-mots et la librairie du MuCEM participaient, offrant (dans la limite des stocks disponibles) une fleur et un ouvrage à leurs lecteurs. Tiré à 23 000 exemplaires, le cadeau de cette année est un abécédaire intitulé Un livre peut en cacher un autre. Illustré par des lettrines de Christian Lacroix, on y trouve 23 textes inédits rédigés par des auteurs contemporains sur un champion de la littérature mondiale, avec lequel ils ont une initiale en commun… C’est ainsi que Maylis de Kerangal écrit sur Jack Kerouac, et Cécile Wasjbrot sur Virginia Woolf. Dans son introduction, Marie-Rose Guarniéri rappelle l’objectif de cette manifestation : faire «ressentir intimement la façon dont les libraires se maintiennent debout». Fragilisés par la concurrence déloyale de mastodontes comme Amazon, il faut sans cesse rappeler l’importance cruciale de leur rôle dans le secteur du livre, leur manière unique de promouvoir écrivains et éditeurs, et de défendre les oeuvres. «Il est très fréquent aujourd’hui, lorsqu’on parle de ce métier, d’évoquer seulement sa problématique économique… Nous vous proposons, nous, de vous raconter d’abord sa pratique, sa culture, sa philosophie même.»
De manière révélatrice, si l’on sonde les librairies les plus fragiles, on s’aperçoit que certaines s’abstiennent de participer à cette journée, tout simplement parce qu’elles n’ont pas de quoi acheter les 200 roses que les plus puissantes peuvent offrir à leurs clients… C’est la raison pour laquelle il ne faut pas attendre cette seule occasion pour en pousser la porte, et tout au long de l’année maintenir le lien privilégié qui unit lecteurs et libraires. Le risque étant de se réveiller un jour dans un monde de cauchemar, où l’on ne pourra se procurer un livre qu’au supermarché du coin, ou bien en ligne, sans aucun interlocuteur humain à qui s’adresser pour un conseil éclairé ou un partage de plaisir intelligent.

GAËLLE CLOAREC
Avril 2014

La Fête de la librairie indépendante a eu lieu le 26 avril

Photo : © Ingrid Eulenfan