La novation est partout

 - Zibeline

Le Festival de Chaillol installé dans les cimes, en est à sa 16e édition, et y défend des territoires particuliers

Comment définiriez-vous votre démarche ?

Michaël Dian : C’est clairement un projet double, un mouvement en direction de la création musicale transversale, et animée par la passion d’un territoire : au-delà de la beauté des paysages, il y a ici une mémoire inscrite, une sagesse sans doute, et la démarche du festival de Chaillol s’inscrit clairement dans une décentralisation réactualisée, Ici, avec la neige l’hiver, les villages de 30 ou 40 habitants, on est obligé de penser différemment les équipements, les salles. Ce n’est pas une contrainte pour moi, mais une poétique : le rapport au public est une relation de voisinage, de visiteurs, on joue chez eux, dans leurs églises. L’hiver 80% du public vient du département.

Car Chaillol, ce n’est pas qu’un festival d’été…

Non, on aime dire que c’est un festival en été, et une saison régulière. Depuis quatre ans nous proposons des concerts mensuels, 1 au départ et 4 à présent, soit 24 concerts, autant que pendant le festival. L’été bien sûr et pendant les vacances d’hiver il y a des touristes, des vacanciers, mais ils sont souvent amenés par les gens du pays.

L’autre particularité de votre festival est de proposer des musiques en création de tous horizons.

Oui. Pour moi la création est une attitude, non une esthétique. La novation musicale se situe partout, dans la musique contemporaine qui a une tradition d’écriture et un héritage de complexité, mais aussi dans les musiques populaires qui sont parfois très belles. J’aime chercher des articulations entre ces différents types de musique, demander à un compositeur argentin de travailler sur des chants ardéchois collectés par des ethno-musiciens… On n’est pas dans la création que défendrait l’IRCAM !

Vous sentez-vous plus proche de la création musicale traditionnelle comme elle se pratique par exemple au Chantier de Correns ?

Non plus, on préfère croiser, faire dialoguer les musiques de tradition orale avec les écritures de la musique savante, sans recherche d’une authenticité traditionnelle. On croit que toutes les musiques sont contemporaines, même les mauvaises ! et qu’aucune catégorie n’est un label de qualité à atteindre.

Comment élaborez-vous votre programmation, si rien ne vous contraint ?

Sans limité esthétique, et sans thématique artificielle, avec simplement la problématique de la rencontre. Et une contrainte liée aux lieux de concert : nous programmons forcément de petits effectifs, en acoustique…

Entretien réalisé par AGNÈS FRESCHEL

juillet 2012

 

Festival de Chaillol

Du 19 juillet au 12 août

04 92 50 13 90

www.festivaldechaillol.com