Une revue et des projets pour La Marelle, qui ne se laisse pas abattre

La Marelle rebondit

• 16 février 2014, 20 février 2014, 28 février 2014 •
Une revue et des projets pour La Marelle, qui ne se laisse pas abattre - Zibeline

Nous évoquions il y a quelque temps les difficultés que rencontrait, comme beaucoup d’autres structures culturelles de la région, l’association La Marelle (lire à ce sujet l’article d’Agnès Freschel paru dans le n° 67). En ce début 2014, les contraintes financières perdurent. Certains événements, comme le festival CoLibris dédié aux littératures sud américaines contemporaines, tomberont tout bonnement à la trappe cette année. D’autres, déjà programmés, sont suspendus à l’arrivée des subsides promis… Pourtant, toute l’équipe de Pascal Jourdana est sur la brèche, bien résolue à proposer cette année encore des événements littéraires originaux et des projets de grande qualité.

Un lieu, des résidences

La Marelle -faut-il le rappeler- est d’abord une «villa des auteurs». Les résidences d’écriture et de création se poursuivent donc au rythme d’un auteur par mois. La Marelle recevra ainsi en février Frédéric Pajak, un auteur dessinateur qui suit les traces de Walter Benjamin. Sa résidence marseillaise lui permettra de mettre ses pas dans ceux du philosophe et critique allemand qui a séjourné à Marseille en 1940. Il sera suivi en mars par l’auteur, comédien et metteur en scène congolais Julien Mabiala Bissila. Cette résidence a été conçue conjointement avec La Cité espace de récits communs pour la deuxième édition de la Biennale des Écritures du Réel ; elle proposera un nouvel épisode de Chemin faisant, autour du quartier de Saint-Mauront et de ses habitants. En ce moment, ce sont le romancier Sylvain Coher et le musicien colombien Juan Pablo Carreño qui sont accueillis à la Villa, dans le cadre d’un projet de «suite musicale policière» initié par Roland Hayrabédian, fondateur et directeur de Musicatreize. Cette résidence constitue la première étape de cette «énigme lyrique» en trois temps. Le romancier résident a construit les récits de trois crimes perpétrés à des époques différentes mais reliés entre eux. Cela parle, paraît-il, de vengeance familiale, de poisons, de plantes maléfiques… Chacun des trois actes de cet opéra d’un genre nouveau sera traité musicalement par un compositeur différent. Carreño est chargé de la première cantate, La digitale ; le Grec Alexandros Markeas prendra en charge la seconde, La Douce-Amère ; et c’est au Français Philippe Schoeller qu’il reviendra de mettre en musique la troisième, La Dame d’Onze heures. Un projet ambitieux, qui s’étendra sur deux ans. La première des trois «cantates policières» devrait être donnée à l’Opéra de Marseille (qui est coproducteur) durant l’automne 2015.

Naissance d’une revue

Pour faire connaître ses auteurs résidents, La Marelle propose toujours des rencontres avec eux, à La Friche, dans les librairies et autres lieux culturels de la ville et de la région… On pourra désormais aller plus loin, les lire, lire des commentaires. A l’heure où nous écrivons, le premier numéro d’une revue est en préparation. La première chose que je peux vous dire, tel est son (joli) nom. En écho à l’incipit du roman de Gary-Ajar La vie devant soi. Cette revue littéraire, qui paraîtra tous les trois/quatre mois, publiera, outre le programme complet des activités et rencontres proposées par la Marelle, des textes inédits des résidents (un texte de Julien Mabiala Bissila Après une longue apnée sera ainsi publié dans le numéro 1), ainsi que des chroniques et billets d’humeur. À suivre…

Au cœur de Cortázar

Si CoLibris est abandonné, temporairement du moins, La Marelle n’en a pas fini avec la littérature latino-américaine. L’association doit d’ailleurs son nom au titre d’un des plus fameux romans de Julio Cortázar. En 2014, on célèbre à la fois le centenaire de la naissance et le quarantième anniversaire de la mort de l’écrivain argentin. À cette occasion, un important colloque lui sera consacré. En avant-première à ce colloque, pendant les rencontres cinématographiques du film sud américain (qui se tiendront du 28 mars au 5 avril), La Marelle rendra hommage à un Cortázar intime grâce à des lectures et des débats autour de ses œuvres, et tout particulièrement Les autonautes de la cosmoroute, que l’on peut considérer comme son testament à la fois amoureux et littéraire.

Quelques projets phares donc, parmi les nombreuses manifestations et rencontres auxquelles participera, cette année encore, La Marelle. Une association et une équipe dont on salue l’enthousiasme, l’énergie et la volonté toujours renouvelés, malgré les restrictions budgétaires, malgré les aléas. Et à qui on souhaite pour 2014 de mener à bien toutes ces entreprises et de continuer longtemps à nous faire découvrir des talents nouveaux et des chemins littéraires peu arpentés.

FRED ROBERT
Février 2014

À venir

Le dimanche 16 février à 16h, dans le cadre de Made in Friche, venez assister au prélude d’un Meurtre à l’Opéra, salle Panorama. Une autre rencontre autour de ce projet musico-littéraire inédit est prévue à Musicatreize le 20 février à 19h en présence de Roland Hayrabédian et de Sylvain Coher.

Rencontre avec Frédéric Pajak à la librairie du MuCEM le 28 février à 18h

Renseignements et programme complet : 04 91 05 84 72 / www.villa-lamarelle.fr

Photo : Rencontre-A-l’air-livre-avec-Roberto-Ferrucci-qui-sera-de-nouveau-en-résidence-à-la-Marelle-en-avril-c-Laetitia-Santoni

Ci-dessous, revue La première chose que je peux vous dire

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