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Vu par Zibeline

Au cœur de la nouvelle Fondation Carmignac pour l’art contemporain à Porquerolles

Hors des sentiers battus

• 2 juin 2018⇒4 novembre 2018 •
Au cœur de la nouvelle Fondation Carmignac pour l’art contemporain à Porquerolles - Zibeline

Walk on the Wild Side s’imprime en lettres d’argent sur la couverture du livre paru chez Skira à l’occasion de l’ouverture, le 2 juin, de la Fondation Carmignac sur l’île de Porquerolles. En introduction, son président-fondateur Édouard Carmignac pose devant le tableau Level as Level de l’artiste californien Edward Ruscha dont la toile Sea of Desire signe l’exposition inaugurale. Autant de signes forts sur la Fondation Carmignac et sa collection sous influences américaines. Il est vrai que sa rencontre avec Jean-Michel Basquiat, qui en fit le portrait, et sa fréquentation de la Factory en 1984 marquèrent à jamais l’étudiant lancé dans l’aventure entrepreneuriale (Carmignac Gestion) avec, en germe, l’idée d’une collection (1993), d’une fondation d’entreprise (2000) puis du Prix Carmignac du photojournalisme (2009). Aujourd’hui, Édouard Carmignac franchit une nouvelle étape avec l’ouverture au public du site de sa Fondation dont il a confié la direction à son fils Charles.

Luxe, calme et volupté

Bâtir 2000 m2 de salles d’exposition au cœur du Parc national de Porquerolles classé et protégé était à l’évidence une gageure architecturale et environnementale ! L’atelier Barani, pour la conception, et l’agence GMAA, pour l’adaptation et le prolongement du projet, ont su contourner l’interdiction d’extension de l’ancien mas provençal de l’architecte Henri Vidal construit en 1980, en dégageant des espaces sous la surface du terrain naturel sans pour autant modifier les contours du bâti et des paysages existants. En nouant un dialogue entre nature et architecture qui privilégie la lumière zénithale par un jeu d’ouvertures et l’évocation de la Méditerranée par la création d’un plafond d’eau… Mer nourricière et symbolique qui s’immisce jusque dans ses entrailles, plus particulièrement dans le patio dont les murs épousent la pièce One Hundred Fish Fountain de Bruce Nauman comme une invitation à une immersion visuelle, sonore et ondoyante dans l’exposition temporaire. Sur les 900 œuvres de la collection, le commissaire d’exposition Dieter Buchhart a retenu 70 pièces « d’artistes en rébellion qui se répondent d’un siècle et d’un support à l’autre au long de huit chapitres » : Pop icons reloaded ; Héritage et transgression ; Abstraction et disruption ; Révolution, terreur et effondrement ; Suspense ; Fallen Angels ; Désastre ; Brave new world revisited. Le tout inscrit dans l’esprit du roman d’anticipation d’Aldous Huxley, Le Meilleur des mondes, écrit en 1931 non loin de là, à Sanary-sur-Mer.

Le voyage « on the Wild Side » débute près de l’imposant bronze de Miquel Barceló, Alycastre, inspiré du dragon légendaire de Porquerolles, se clôt à l’orée de la pinède avec Sea of Desire pour se prolonger, à l’envi, dans le jardin paysager de 15 hectares, terre d’élection pour Jeppe Hein, Olaf Breuning, Jaume Plensa, Ugo Rondinone

MARIE GODFRIN-GUIDICELLI
Juin 2018

Sea of Desire
Jusqu’au 4 novembre
Fondation Carmignac, Porquerolles
04 89 29 19 73
fondationcarmignac.com

Photo : Vue extérieure de la villa et des vignes -c- Marc Domage