Vu par ZibelineA Marseille, l'œuvre d'art au cœur du logement social avec la Fondation Logirem

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A Marseille, l'œuvre d'art au cœur du logement social avec la Fondation Logirem - Zibeline

Retrouvez notre dossier Culture & Entreprises dans le numéro 105 de Zibeline, en kiosques jusqu’au 8 avril, avec des articles sur Marseille-Provence 2018,le Ballet National de Marseille soutenu par la Fondation Logirem, et le M’Festival.

La Fondation Logirem, récompensée pour ses actions d’éducation artistique, place l’œuvre d’art au cœur du logement social.

Vous ne pouvez pas la manquer. Incidences, l’œuvre d’Etienne Rey, vous appelle de la rue, et vous invite à pénétrer entre ses pans, au cœur de la cour d’immeubles du Carré Saint Lazare1. Les couleurs bleu et or, les reflets et la transparence qui, diurnes, attirent longuement votre regard et désorientent votre perception, deviennent autrement fascinants le soir, quand la lumière du jour est relayées par des leds colorés… Les panneaux de verre sont simples pourtant, et l’œuvre, discrète, à taille humaine, n’attire pas comme un miroir aux alouettes, mais comme le fond d’un puits lumineux où le regard se perd…

Etienne Rey, artiste résident à la Friche, a conçu une œuvre d’art urbain exceptionnelle. Et le projet de la Fondation Logirem l’est tout autant. Impliquée depuis MP20132 dans le quartier très pauvre de la Belle de Mai, la Fondation du bailleur social poursuit un travail à destination des habitants : il est question de dignité, de respect, de « bouffée d’oxygène ». « Nos projets culturels installent une dynamique pour nos habitants, mais aussi pour le personnel de la Logirem. Et pour les artistes aussi, qui ont besoin de bosser. » explique Martine Lahonde. La société Logirem a financé l’œuvre d’art, et la Fondation toutes les actions de médiation menées par l’association En Italiques : les habitants du Carré Saint Lazare et du quartier sont invités depuis le début du projet à s’approcher de l’œuvre dans sa préparation et son inauguration, à s’exprimer sur sa forme et sa présence.

Et cela marche. Martine Lahonde explique aussi que des habitants fiers de l’endroit où ils vivent le respectent et que cela peut même « économiser les frais de gardiennage ! ». Mais que ce n’est pas l’essentiel, que « c’est plutôt la plus-value morale » qui est notable…

La Fondation, née en 1998 d’une volonté du groupe Logirem (30 000 logements dans le Sud-Est), s’est spécialisée depuis 2013 dans les projets culturels. Plus de 1000 à son actif, qui consistent toujours à « améliorer concrètement la vie des habitants en amenant une offre culturelle dans les résidences », explique Pascale Sasso. Et « jamais avec de l’art au rabais, la Fondation est d’une exigence de tout instant ». Ce que confirme Etienne Rey, qui n’a « jamais connu un commanditaire aussi exigeant, sur des questions que l’on aborde peu : la pérennité de l’œuvre, sa dimension humaine, sa visibilité de l’extérieur, sa solidité, sa facilité d’appropriation… Ils m’ont fait revoir plusieurs fois ma copie ! Et cela m’a beaucoup apporté dans ma propre perception de ce que je voulais faire comme artiste. »

On rêverait de politiques publiques aussi pertinentes !

AGNÈS FRESCHEL
Mars 2017

1Un très beau programme de renouvellement urbain : 472 logements étudiants et sociaux, avec crèche et commerces, espace senior…

2Un Quartier Créatif MP2013 particulièrement réussi, celui des Ex-Voto dans le tunnel National, hélas désinstallé depuis…

Photo : Incidences, Etienne Rey, 2017 c X-D.R