Lieux publics ouvre une galerie d’art urbaine monumentale dans les quartiers nord de Marseille

Galerie en Lieux publics

• 2 mars 2017 •
Lieux publics ouvre une galerie d’art urbaine monumentale dans les quartiers nord de Marseille - Zibeline

L’espace public appartient à tout le monde, et Lieux publics s’y intéresse particulièrement. Au point qu’il ouvre « une galerie d’art urbaine monumentale » et porte un projet hors champ du spectacle vivant qui est au cœur de son activité. De quoi nous interroger sur le fond, la forme et les objectifs.

Le projet est né après 2013 du « désir de poser un cadre dans l’espace public porté par plusieurs acteurs culturels des quartiers nord où nous tissons des liens » rappelle Jasmine Lebert qui suit le projet depuis ses balbutiements. Aussi Lieux publics est-il aujourd’hui producteur d’une galerie à ciel ouvert conçue avec l’Alhambra, La Gare franche et l’Apcar*, et qui verra le jour le 2 mars 2017 avec l’exposition Le nord fait le mur, fruit d’une collecte photographique réalisée entre février et octobre 2016 à partir d’un abécédaire écrit par Stéphan Muntaner, et de 80 ateliers pensés comme « une école du regard ». L’enjeu étant de ne pas plaquer la galerie dans la cité mais bien de l’intégrer grâce à la participation de relais sur le territoire et la complicité de ses habitants. Des craintes vite balayées par Jasmine Lebert : « L’idée maîtresse est d’abord de créer des liens et décloisonner les publics. On a renoncé au fantasme de poser des œuvres dans l’espace public, il n’y a pas d’intérêt. Il faut que cela fasse sens auprès des habitants et que le projet maille le territoire ». La galerie sera donc l’aboutissement d’un processus de réflexion et de travail commun à toutes les structures installées dans ces quartiers : établissements scolaires, AP-HM, Agence de voyages imaginaires, Télémaque, RTM, centres sociaux, foyers d’hébergement ou encore entreprises. La Logirem, par exemple, ne « portera » pas un mur sur sa propriété mais parrainera celui du centre social La Bricarde tout proche, car « le plus important est qu’il y ait des croisements ». Soit une quarantaine d’exposants qui dessineront ensemble un gigantesque parcours artistique urbain et qui « s’engagent à associer leurs publics et leurs salariés ». Tous les mois, de mars à juillet 2017, une série de murs sera inaugurée en présence de tous les participants. Ouf ! On craignait que les photographies ne soient qu’un nouvel alibi visuel dans la ville, certes accessibles à tous, mais dénuées de sens et de contextes.

Après cette phase de lancement participative, Lieux publics invitera le MuCEM à présenter hors les murs Roman-photos, de novembre 2017 au printemps 2018, en partenariat avec l’association Des livres comme des idées. Les trois dernières expositions restent encore à écrire, car « la direction artistique est tournante. Lieux publics ne prétend pas choisir un artiste mais monter avec d’autres structures de nouveaux projets ». La galerie à ciel ouvert a vocation à s’étendre par effet d’agrégation, mais aussi dans le temps jusqu’en 2020 pendant Manifesta, et géographiquement. Après les Aygalades, Marseille devrait être rapidement contaminée jusqu’à Frais Vallon, Bougainville, l’Estaque, Sainte Marthe…

MARIE GODFRIN-GUIDICELLI
Novembre 2016

*Apcar : Association pour la cité des arts de la rue

Photo : Prototype des futurs murs d’exposition de la Galerie à ciel ouvert © Lieux publics

Lieux publics
Centre national de création
225 Avenue des Aygalades
13015 Marseille
04 91 03 81 28
http://www.lieuxpublics.com/fr/