Entretien avec Bernar Venet au sujet de Désordre, son exposition au Pharo

Forcément monumental !

Entretien avec Bernar Venet au sujet de Désordre, son exposition au Pharo - Zibeline

 

Pour sa première exposition à Marseille, Désordre, Bernar Venet a choisi les jardins verdoyants du Pharo sur fond de ciel et de mer. Bleu de préférence.

Zibeline : En quelques mots, quelle est la genèse de cet imposant Désordre ?!

Bernar Venet : L’histoire a commencé lorsque j’ai découvert l’esplanade du David : j’ai fait quelques photos et je me suis dit que ce serait bien de faire un jour une exposition à Marseille. C’était bien avant la capitale européenne de la culture… Et puis l’association l’Art prend l’air1 est venue me voir en m’expliquant son projet d’exposition collective. Je n’étais pas contre, mais j’avais déjà l’idée d’une exposition de groupe de mes sculptures ! On travaille ensemble depuis quatre ans et finalement on y est : c’est l’installation.

Sur quels critères avez-vous choisi les jardins du Pharo ?

Entre-temps, j’ai visité plusieurs lieux avec Juliette Laffon2, certains étaient trop éloignés, d’autres n’étaient pas parfaits. Un jour, j’ai trouvé qu’ici c’était l’idéal parce que surélevé et qu’il y a deux couleurs, le bleu et le vert.

Et l’architecture j’imagine !

Comme vous le voyez toutes mes œuvres sont en courbe, et, au contraire de cette architecture tellement symétrique et géométrique, j’ai travaillé sur le désordre. Ce contraste est très intéressant car j’ai abandonné l’idée de présenter plusieurs pièces, il y a une seule installation composée de douze groupes d’arcs.

Après le repérage, avez-vous réalisé des croquis ou de nouvelles photos ?

J’ai fait quelques photos montages uniquement à l’attention des décideurs de la Ville qui avaient des responsabilités par rapport à mon projet. Et quand je suis revenu, j’ai pensé à une installation physique qui tienne l’espace : en réalité, ce sont trois œuvres séparées que j’ai mises ensemble pour créer une œuvre unique.

Pourquoi exposer dans un espace public aussi accessible que l’on peut enjamber les arcs ou même s’asseoir dessus ?

Exposer des œuvres c’est l’objectif numéro un. Dans un musée c’est formidable, mais il y aussi une autre réalité : mes sculptures sont monumentales et se prêtent bien à l’espace public. Je crois que l’art doit être montré à tout le monde : certains y seront allergiques, d’autres les trouveront peut-être intéressantes. Un jour ils tomberont sur un livre ou un article et apprendront ce qu’est la sculpture moderne. Enfin la mienne.

Après Versailles, Le Pharo : c’est la même manière d’appréhender les deux projets ?

C’est à peu près pareil. À Marseille je suis le premier à exposer dans ce lieu qui s’y prête vraiment. Mais Versailles a un tel prestige qu’il n’a pas le même impact : on a eu 6 millions de visiteurs, c’est énorme ! Chaque endroit a son intérêt et Marseille est la grande ville d’une région où je suis né et où je vis, je suis donc ravi d’y exposer. C’est important pour moi.

PROPOS RECUEILLIS PAR MARIE GODFRIN-GUIDICELLI
Mars 2013
À découvrir jusqu’au 27 septembre

http://www.lartprendlair.fr

 

1Françoise Bunan et Florence Loussier

2Commissaire de l’exposition Ici, ailleurs à la Tour-Panorama de la Friche la Belle de mai (12 janvier/31 mars)