Quel sort est réservé à la culture dans les petites villes ?

Flou artistique

Quel sort est réservé à la culture dans les petites villes ? - Zibeline

Au lendemain des élections, avec la perspective de la Métropole marseillaise, on peut se demander quel sort est réservé à la culture dans les petites villes. Zibeline s’est rendue dans le pays d’Aix et a interviewé l’adjointe à la culture de Trets, Maryse Cuiffardi.

Zibeline : Pour la première fois vous ne recevez pas cet été l’orchestre du Pays d’Aix. Est-ce un signe ?

Maryse Cuiffardi : il ne s’agit que d’un contretemps ; avec les élections les dates se sont bousculées, et lorsque nous avons émis la demande, les délais étaient passés.

Qu’il y ait encore un adjoint à la culture dans une petite ville est encourageant, souvent ce poste est oublié !

Être adjoint à la culture est toujours inconfortable, on s’inscrit souvent contre tous les autres. La culture ne leur semble jamais essentielle et pourtant c’est ce qui nous constitue. Mon rôle n’est pas un rôle de pouvoir mais d’influence.

Quel est le budget de la culture à Trets ?

Je ne peux pas vous donner une fourchette précise, seulement qu’il est dérisoire et en baisse comme tous les budgets.

Quelles implications induit la perspective de la métropole sur la vie culturelle de Trets ?

Rien n’est fait, et ce n’est pas dit qu’elle se mette en place ! 109 maires sur 119 ont voté contre. Pour le moment on ne sait rien. La métropole c’est une nébuleuse, on ne peut parler que d’impressions, celle par exemple que l’on va perdre l’identité du village et qu’aucun avantage ne va en découler. Mais nous ne disposons d’aucune information.

Quels sont les axes de la vie culturelle dans une ville située en pays d’Aix ?

Il y a un projet culturel global de la ville, avec un point fort, le château, élément essentiel du patrimoine trétsois. Nous souhaitons le rendre à tous, en faire un lieu de rencontres. D’abord, une seule grande exposition sur plusieurs mois, avec un artiste de la taille de Briata, puis une période serait proposée aux créateurs de Trets et des alentours, dans une grande exposition collective. Avec le FRAC, depuis deux ans, on a aussi instauré la «classe au château» : pendant une semaine les enfants d’une classe viennent étudier, entourés d’œuvres contemporaines qu’ils apprennent aussi à décrypter. Trois classes en bénéficient. Nous avons commencé à mettre en place des résidences d’artistes avec Levon Minassian. Le rêve serait de monter un festival de musiques du monde.

Pour l’initiation à l’art vous avez souvent reçu les expositions d’Artesens qui apportent beaucoup aux enfants.

L’inspecteur d’académie, M. Blache, n’y est pas favorable et le considère comme une perte de temps, et pense que les enfants n’en retirent pas grand-chose.

C’est surprenant ! Et le festival de BD ou la journée des écrivains ?

Bien sûr ils perdurent.

Vous ne parlez pas des Nuits de Trets, de leur financement…

Là, je pose mon joker. C’est du domaine des festivités et non de la culture, je n’y ai aucun regard.

Entretien réalisé par MARYVONNE COLOMBANI
Juin 2014

Photo :Le-Château-de-Trets-c-Mariel-Colombani