Entretien avec Aurélie Labouesse, directrice de production des Envies Rhônements

Envirhônons-nous sans cesse !

• 1 juin 2017⇒6 juin 2017 •
Entretien avec Aurélie Labouesse, directrice de production des Envies Rhônements - Zibeline

Les Envies Rhônements quittent leur créneau d’été et invitent en Camargue du printemps à l’automne. Avec un temps fort en juin. Aurélie Labouesse, directrice de production, nous parle de ces changements, et du nouveau programme.

Zibeline : Les Envies Rhônements, festival produit par le Citron Jaune, Centre national des arts de la rue, ont toujours été atypiques…

Aurélie Labouesse : Oui. Et assez uniques en leur genre, en France du moins. Cet événement invite la création artistique, qu’elle soit plastique, théâtrale, musicale ou chorégraphique, à prendre pour partenaire de jeu l’environnement naturel. Dans un cadre entre mer, fleuve et marais, et une végétation, une histoire, exceptionnelles, et des oiseaux… L’élément paysage est constitutif de notre démarche, qui s’intéresse aussi aux sciences, sur un rythme particulier qui est celui de la rencontre.

Les journées que vous organisez prennent le temps de l’échange…

Oui, la convivialité y est particulière, et le festival est plutôt festif !

Pourquoi alors changer de rythme ?

Mais nous gardons le principe de journées et soirées qui sortent du simple rendez-vous autour d’un spectacle ! Le festival existe en fin juillet depuis 1999. Il a pris différentes formes, a permis à Ilotopie (compagnie à l’origine de la construction du Citron jaune ndlr) des temps d’expérimentation pour ses spectacles, s’est ouvert à d’autres compagnies… D’abord annuel, il est devenu biennal en 2009. Puis nous nous sommes interrogés : est-ce le bon rythme pour le territoire ? Les propositions dans la région d’Arles sont nombreuses en juillet, le festival arrivait un peu en fin de course pour les artistes et le public. Et en plein cœur des vacances cela nous interdisait aussi de nous associer avec certains partenaires, ou d’inviter le public scolaire avec lequel nous travaillons à l’année. Et puis en juillet en Camargue il fait très très chaud en journée, et en soirée les moustiques attaquent ! Par ailleurs, pour nous qui travaillons avec l’environnement, ce déploiement sur plusieurs saisons nous permet aussi de confronter les œuvres à différentes couleurs, lumières, flores et faunes…

Comment se déclinera cette saison nouvelle ?

Cela a déjà commencé ! Le 9 avril nous avons commencé avec le Centaure et la Fausse compagnie. Le public était au rendez vous pour ces moments particulièrement poétiques… Le prochain temps fort sera en juin, du 1er au 6, en partenariat avec le Festival de Camargue, puis nous nous donnerons rendez-vous en automne, en partenariat cette fois avec le Museon Arlaten, le Musée Départemental Arles Antique, Lieux Publics, la Passerelle de Gap, la Fai ar… pour ouvrir le Citron Jaune à des esthétiques différentes, et croiser nos savoir-faire, et nos productions.

Le temps fort de juin permettra de retrouver les fidèles…

Oui, un des principes au Citron Jaune est que la porte reste ouverte, sans discontinuer, aux compagnies du territoire, aux compagnons de route, dans un esprit de continuité. Le 3 juin il y aura donc une grande journée à la Tour du Valat avec L’Écumerie, une compagnie de Nantes qui travaille sur l’Estrans, cet espace de terre envahi par la mer. Puis 1 Watt pour une recherche loufoque sur La tentation des Cévennes, une balade musicale avec un botaniste qui nous conte fleurette, et deux Duologos… Ce sont des duos entre un scientifique et un artiste, ici le chorégraphe Yann Lheureux puis le plasticien Pierre Surtel qui travaillent avec les scientifiques Marion Vittecoq et Delphine Nicolas de la Tour du Valat. La journée se finira avec Miroir, Miroir, la dernière création acrobatique de  la compagnie Happés autour d’une balançoire miroir, surplombant un piano, reflétant le paysage et les spectateurs…

Cela se poursuit le lendemain…

Oui, au Marais du Vigueirat, avec d’autres propositions. Un éloge des plantes vagabondes le matin, puis conte de fée loufoque où il faudra suivre et dénicher la princesse Dormeuse. Dans l’après midi La Mondiale Générale reprendra Sabordage ! en extérieur, et le soir à Port Saint-Louis MétamOrph’O, un spectacle de cirque sur l’eau, dans l’eau, vu de la berge, par la Cie Baroloso. Pendant toute la période une installation de Frédéric Le Junter prendra vie Avec le Vent, et avec des manipulateurs qui font vibrer les installations, dans le Parc de la Révolution à Port-Saint-louis-du-Rhône.

Alors rendez vous en Camargue ?

Avec plaisir !

Entretien réalisé par AGNÈS FRESCHEL
Mai 2017

Les Envies Rhônements
Temps fort
1er au 6 juin
Port-Saint-Louis, Le Sambuc, Mas-Thibert
lecitronjaune.com
04 42 48 40 04

Photo : Théâtre du Centaure c Anne Zorgdrager

Le Citron Jaune / Ilotopie
Centre National des Arts de la Rue
30, avenue Marx Dormoy
13230 Port Saint Louis du Rhône
04 42 48 40 04
lecitronjaune.com