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Entretien avec Nora Mebarek, candidate de la liste Envie d'Europe, sur ses ambitions culturelles

Envie de culture

Entretien avec Nora Mebarek, candidate de la liste Envie d'Europe, sur ses ambitions culturelles - Zibeline

Nora Mebarek, candidate en 6e position de la liste Envie d’Europe (PS, Nouvelle donne, Place Publique) a écrit une lettre programmatique intitulée « Une ambition culturelle pour l’Europe ».

Zibeline : Pourquoi placer la culture au premier plan de votre « Envie d’Europe » ?

Nora Mebarek : Car il y a urgence ! Tout le monde a désormais intégré l’urgence climatique et sociale. Mais l’urgence est aussi idéologique, identitaire et donc culturelle. Face aux grandes mutations, la culture est centrale pour l’avenir de l’humanité.

L’Europe se définit moins par la géographie ou l’économie que par la communauté culturelle qui rassemble ses peuples. Les artistes, intellectuels, philosophes ont irrigué notre continent et nous ont offert un patrimoine extraordinaire. La culture -leur legs- est le socle de cette nouvelle étape de l’Union Européenne à laquelle nous aspirons tous. Je partage avec eux mes valeurs : l’émancipation, l’humanisme, la fraternité, la solidarité tout autant que la modernité et le progrès. Garante de l’ouverture aux idées nouvelles, je veux être l’une des voix d’une Europe « réenchantée ».

Pour cela, nos marqueurs politiques sont forts : affirmer le rôle central des artistes comme de l’action culturelle, consacrer la préservation du lien social comme principe prioritaire et reconnaître, à chaque être humain, sa dignité et sa capacité de faire des choix et de trouver sa place. C’est notre ambition !

Vous dites vouloir lutter à la fois contre les nationalismes et le libéralisme, regrettant que le PSE au Parlement européen « ait depuis les années 90 toléré par faiblesse ou par calcul une orientation exclusivement libérale ». Quels changements d’orientation imaginez-vous à ce titre en matière culturelle ?

Elue au Parlement européen, je poursuivrai avec fierté les combats culturels d’avenir en développant l’accès au programme Europe créative pour le secteur culturel, en garantissant un statut et une juste rémunération aux artistes et aux créateurs, en contraignant les GAFA à assumer leurs responsabilités, en faisant de la protection et de la mise en valeur du patrimoine européen un axe de nos politiques… À nous de promouvoir une création culturelle européenne, de développer l’accès de tous (des plus jeunes particulièrement) aux pratiques culturelles les plus diverses, de favoriser le métissage et l’ouverture.

Vous êtes Vice-présidente de la communauté du Pays d’Arles, 1re secrétaire de la Fédération des Bouches-du-Rhône, attachée à la région. Comment voudriez-vous lutter contre la centralité culturelle pour plus d’égalité territoriale ?

La fracture territoriale culturelle existe : les grandes villes concentrent l’essentiel des moyens alloués à la culture alors que les territoires sont riches de femmes et d’hommes qui innovent et créent. Dans ce domaine, l’Europe paraît encore plus loin de nous. En créant une agence, nous favoriserons l’utilisation, par les acteurs culturels, des moyens alloués par l’Europe et par l’État. À nous d’encourager nos collectivités locales à développer une programmation qui nourrisse le sentiment d’appartenance et l’identité européenne. Notre région Sud, riche de culture, traditionnelle ou plus contemporaine, est terre d’histoire tout autant que de créativité. Nos atouts sont immenses ! Par mon engagement personnel je ferai partager cet enthousiasme aux femmes et aux hommes qui demeurent dans notre région, porte de l’Europe vers l’Afrique et le monde, carrefour de civilisation et de cultures.

Le Parti Socialiste s’est allié à Place Publique et la liste est emmenée par Raphaël Glucksmann. Est-ce le signe que le parti Socialiste veut retrouver l’adhésion de ceux que l’on appelait les « intellectuels de gauche » ?

C’est une décision historique !, à la hauteur des difficultés actuelles. Contrairement à d’autres formations politiques nous choisissons l’union. Oui, le PS veut se ressourcer dans ce qui, hier, a fait sa force : l’engagement des intellectuels. Si Raphaël Glucksmann n’est pas socialiste, nos valeurs sont communes : nous voulons construire un avenir qui respecte l’Homme et favorise le mieux être collectif. Il n’est pas un éléphant, ne connaît pas l’histoire de tous nos congrès, ne pratique pas la langue de bois. Avec lui débute une nouvelle phase de notre histoire européenne, plus lumineuse et moderne. Je suis certaine que celles et ceux qui ont la gauche au cœur mais qui sont las des recettes politiques éculées, entendront le discours de Raphaël, seront convaincus par sa détermination tranquille et sa volonté irréfragable de bâtir avec chacun de nous un avenir plus radieux.

Entretien réalisé par AGNÈS FRESCHEL
Mai 2019

Lire ici notre article consacré aux programmes culturels d’EELV et de Génération.s pour ces élections européennes.