Vers des lendemains qui chantent

Journal Zibeline actualit� culturelle

L’actualité culturelle du début d’année conjugue toutes les musiques, populaires et écrites, anciennes et d’aujourd’hui, à paroles et abstraites… Un signe sans doute, mais de quoi ? Du désir de chanter ?

Les pratiques culturelles témoigneraient-elles de nos inconscientes voies d’évasion ?

Ici, nos dernières illusions s’envolent au vu de la réforme du code du travail qui s’annonce. On sait désormais que la trahison a eu lieu, que le gouvernement socialiste veut à coup de 49.3 imposer ce que le MEDEF avait imaginé de pire pour asservir les travailleurs en 2012 ; que l’État d’urgence est prolongé, les réformes territoriales imposées, la déchéance de nationalité adoptée contre les valeurs fondamentales de notre démocratie. Le paysage politique est si dévasté qu’on ne peut plus attendre de gagner par les urnes : si la Droite avait osé faire cela le peuple serait dans la rue.

Car la France est un pays riche ! La sixième puissance économique mondiale, un PIB en croissance, un revenu par habitant de l’ordre de 3000 € mensuels…. Comment nous a-t-on convaincus qu’il fallait sacrifier nos retraites, l’avenir de nos enfants, notre système de santé, notre droit du travail ? Comment nous sommes-nous habitués à nos 5 millions de chômeurs qui dissimulent 6,5 millions de demandeurs d’emploi ? Comment avons-nous accepté un Pacte de responsabilité qui ne sert que les grandes entreprises, et des dictats européens qui attaquent profondément nos vies ?

Nous nous acheminons, de reculades en décisions arbitraires, vers le désastre économique, dans un champ de ruine démocratique. Car la désaffection des Français pour les urnes n’est pas le signe d’un désintérêt, mais le résultat d’une méfiance justifiée envers ceux qui nous gouvernent à contresens de leurs engagements, et restent obstinément sourds à ceux qui les ont élus.

On peut s’habituer à la souffrance et en mourir. Mais les Français ont su aussi, lorsque la coupe était pleine, faire chanter les lendemains. Se débarrasser des oppresseurs cyniques ou aveugles, et prendre en main leur destin.

AGNÈS FRESCHEL
Février 2016