Edito Zibeline:Une année vraiment nouvelle
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Une année vraiment nouvelle

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Nous aimerions vous souhaiter une belle année 2018. Vraiment, parce que nous avons tous besoin de dépasser le marasme, et d’envisager l’avenir. Mais comment faire, quand 2017 fut si rude, et que les signes d’un élan nouveau semblent aujourd’hui si discrets ?

En dix jours trois SDF sont morts de froid à Marseille. La Méditerranée engloutit chaque semaine des dizaines de migrants, les catastrophes climatiques se succèdent, les pollutions et les atteintes à notre santé se multiplient, et tandis que les Etats-Unis vivent un cauchemar, que le Moyen-Orient brûle et que l’Europe se disloque, la vie politique française est comme figée sur place dans un déni de l’augmentation sidérante des inégalités, de la pauvreté et de la détresse.

Pourtant nous voulons croire en l’avenir, non par optimisme béat, mais parce qu’un mouvement semble surgir. En témoigne, dans ce premier Zibeline de l’année, la volonté de créer des récits résistants, de faire entendre la diversité des origines et des parcours, de chercher des formes nouvelles et de partager la pratique, l’expérience, l’expertise, avec des publics différents, dans de nouveaux territoires de l’art. En témoignent aussi ceux qui agissent pour préserver les eaux des pollutions, pour porter secours et assistance aux migrants, celles qui se dressent pour dénoncer leur porc, et la liberté et la maturité d’une jeunesse qui choisit souvent de parcourir le monde, de vivre ses désirs, d’être utile et heureux plutôt que de réussir. D’une jeunesse qui aime être cosmopolite, polyglotte, polysexuelle, insoumise, transgenre si c’est son désir, hédoniste sans égoïsme.

Il y a 50 ans mai 68 bouleversait notre culture, et 25 ans après s’inventait l’art en friche. Aujourd’hui de jeunes artistes se groupent en collectifs, écrivent ensemble, refusent la mise en concurrence, travaillent auprès des migrants, des scolaires, des détenus, imposent une radicalité artistique qui bouscule. Ils ont besoin de l’aide et de la considération des générations précédentes : il leur faudra faire vite, dans ce monde de déni aveugle à son propre naufrage, pour fabriquer un avenir.

AGNÈS FRESCHEL
Janvier 2018