TV shows

Journal Zibeline actualit� culturelle

Yes we can, disait-il il y a quatre ans. Michele I love you, déclare-t-il aujourd’hui en guise de cri de victoire… Pourquoi ramener son rêve à ce déballage incongru, pourquoi raboter l’espoir quand le temps des Républicains va-t-en-guerre semble enfin aboli ? Obama reste, mais la société médiatique a donné à son utopie le goût écœurant des sitcoms.

Pourtant certains rêvent encore, assez fous parfois pour traquer les photons, ces particules infiniment fragiles que le moindre regard annihile. Mais voilà qu’au 20h on demande à Serge Haroche, qui côtoie l’origine inconcevable de la matière : est-ce qu’on pourra faire des ordinateurs plus rapides ? Sans doute dit notre Prix Nobel agacé, certainement, et la lucarne se referme sur sa chimère dévoyée.

Son rêve français ? Le discours de campagne de notre Président avait aussi des élans lyriques empruntés à Martin Luther King. Juste pour la télé ? Aujourd’hui il défend la stabilité monétaire et la compétitivité. Et loin de nos écrans il sanctuarise le budget de la Défense, dépensant des milliards pour renouveler notre armement nucléaire, mais abandonnant les grands chantiers culturels, et laissant les crédits-recherche dans les escarcelles des industriels. La dissuasion nucléaire fait-elle partie du rêve français ? Plus que la recherche fondamentale, la photographie, l’art pariétal, les particules élémentaires, la musique ?

Dans tous les TV shows politiques on nous fait ingurgiter du renoncement. Au nom du réalisme, de la gestion de crise, de cette dette qu’il nous faut éponger, on nous répète que la 5ème puissance économique mondiale ne peut que ponctionner ses vieux, fermer ses usines, réduire le budget de la culture et augmenter la TVA. Et que les photons primordiaux servent à fabriquer des ordis pour aller vite. Mais vers quelles désillusions ?

AGNÈS FRESCHEL

Novembre 2012