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Point de bascule

Journal Zibeline actualit culturelle

Risque d’accident nucléaire majeur. À Fukushima ou Tchernobyl ? Non, ici, à Tricastin, dans notre zone de risque, à 60 km d’Avignon. Qui le dit ? Les allumés antinucléaires, les militants, des ZADistes ? Non, des députés, des citoyens, et certains membres de l’Autorité de Sécurité Nucléaire : la vieille centrale, mise en service en 1980 pour un maximum de 30 ans, est notablement fissurée. Elle a rejeté des gaz radioactifs une semaine après sa remise en route en décembre, elle est située en zone sismique et inondable par le Rhône. Comme à Fukushima.

Le plus troublant est que nous continuons à vivre, à travailler, sans protester. La catastrophe écologique qui va, de façon certaine selon tous les scientifiques, affecter gravement la planète, n’est plus évitable. Le point de bascule approche, et on ne sait trop quelles espèces survivront à l’enchaînement d’ouragans, de maladies causées par les pollutions majeures, de migrations massives, de guerres qui s’ensuivront. Ce n’est pas un scénario catastrophe, mais ce qui nous attend.

Faut-il s’y préparer ou continuer à vivre ? Faire comme si de rien n’était pendant 10 ans, 20 ans au mieux, et laisser l’enfer en héritage à nos enfants ? C’est aujourd’hui qu’il faut arrêter Tricastin, la surdépendance électrique, éteindre ces écrans énergivores qui nous empêchent de voir le réel, pour nous adapter au monde qui vient, et qui ne sera vivable qu’en changeant radicalement nos règles de vie et en sortant du cynisme capitaliste. En pratiquant la solidarité, la sobriété, la décroissance, l’écoute de l’autre et de la terre, nous pourrons limiter la catastrophe. Une question, plus que jamais, culturelle. On s’y met ?

AGNÈS FRESCHEL
Mars 2018