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Penser les festivals

Journal Zibeline actualit culturelle

Il est temps d’entrer en estival, en éblouissement, dans cet espace d’exception où les propositions artistiques fleurissent. Nos festivals exposent leurs photos à Arles, leur Amour à Marseille, leurs faunes à Lodève ; ils font entendre des musiciens dans les rues d’Aix-en-Provence avant d’entrer en Art Lyrique à l’Archevêché ou au Grand Théâtre ; ils s’éclatent en Off à Avignon proclamé plus grand théâtre du monde, rassemblent professionnels et publics devant des écrans qui ne sont plus seulement documentaires au FID Marseillais ; ils propulsent leur jazz, font chanter les guitares, le piano de La Roque, vibrer l’électro, le rock, la mémoire, les textes, les musiques anciennes et nouvelles.

Il faut les suivre. Se réjouir, sortir enfin, encore, et participer à la pensée qui s’élabore et se structure, dans un monde culturel qui défend le service public contre sa commercialisation, met en place de nouvelles alliances, et résiste. Quelque chose est en train de naître, ici, dans la prise de conscience d’un intérêt commun, au-delà des divergences esthétiques et des différences structurelles. Dans une région où l’extrême droite s’est installée, dans un pays où le libéralisme semble avoir gagné, dans une Europe qui peine à garder une cohérence minimale et une conscience d’un avenir commun, qui dénie son éthique originelle de l’accueil et sa pensée de l’altérité, dans ce délitement généralisé, effrayant, l’art, les festivals, les maisons de culture se rassemblent, proposent, construisent des alternatives et donnent à voir les difficultés et la beauté du monde. Un signe d’espoir, à saisir, si nous ne voulons pas sombrer dans la tentation du repli qui nous guette et nous gouverne.

AGNÈS FRESCHEL
Juin 2018