Monopoly provençal

Journal Zibeline actualit culturelle

Voilà que Médiapart, effaré, dévoile que le Département 13 achète La Provence. Le journal en ligne révèle que la Présidente du Département verse plus d’un million deux cent mille euros en subventions indirectes et marchés publicitaires au quotidien régional ! Encore n’a-t-il pas regardé ce que verse la Métropole, présidée elle aussi par Martine Vassal…

Comment s’étonner alors de la teneur des éditos de Franz-Olivier Giesbert, surnommé FOG le brouillardeux ? Le directeur de La Provence s’est permis d’écrire « Martine Vassal a tout pour elle, la compétence, l’aura, l’expérience. Il ne lui manque que le succès (à venir, en 2020) » ? Les journalistes de La Provence résistent vaillamment aux orientations de leur direction mais ce quotidien, au gros tirage, influe notablement sur l’opinion locale. On ne peut que s’interroger : l’invisibilité de Bruno Gilles, le quasi-mutisme sur la garde à vue de Martine Vassal dans l’affaire de l’eau, les Unes sur ceux qui désunissent la gauche, de Sébastien Barles à Patrick Mennucci, sont-elles télécommandées par la direction ? La candidature d’Emmanuel Macron en 2017 a été lancée par une série d’articles récurrents dans Libération et Martine Vassal a compris l’idée : elle achète la bienveillance de la presse avec l’argent du Département et de la Métropole…

Mais sa main basse sur la Ville ne s’arrête pas là : lors des Dimanches de la Canebière, manifestation de la mairie de secteur, c’est le Département, pourtant, qui passe certains contrats de cession avec les compagnies ; le personnel culturel départemental est mobilisé pour des expositions à Marseille, tandis qu’Arles est abandonnée ; l’église des Réformés, avec son immense panneau de promotion, est restaurée à quelques pas de rues évacuées pour logement indigne ; la Canebière est piétonnisée, sans arbre ni banc, ni plan de circulation alternative, mais avec de grands panneaux promotionnels de la Métropole ; qui ornent aussi les façades du Cours Lieutaud alors que les arrêtés de péril continuent de pleuvoir dans les rues adjacentes…

Communication électorale, utilisation des deniers publics à des fins promotionnelles, le clou aura lieu en décembre, juste avant le lancement officiel de la campagne municipale. Le budget des Chants de Noël, manifestation populaire et gratuite de grande qualité jusqu’en 2018, a été multiplié par 2 cette année pour atteindre 1 million d’euros. Le chargé de mission qui résistait aux dérives a été placardisé, et le Département programme tranquillement à Marseille, au Palais des Sports, Natasha St-Pier et les Chanteurs à la croix de bois. Tout pour plaire : petits enfants catholiques, et star people qui chante avec bande l’avènement du divin enfant.

Le concert et l’aménagement du lieu coûte près de 500 000 euros. Est-ce que ça passera en frais de campagne ?

AGNÈS FRESCHEL
Novembre 2019