Meilleurs vœux

Journal Zibeline actualit� culturelle

Jamais cette expression n’aura eu, en janvier, un sens aussi littéral. Ce que nous pouvons vous souhaiter, chers lecteurs, est de passer une année meilleure.

2016 nous a lentement habitués à l’insupportable. Les attentats, le Front national, la Syrie qui sombre, la Loi Travail, François Fillon, Donald Trump, la chute des financements de la culture, la presse qui se noie, les menaces sur la Sécurité sociale, la pauvreté qui se répand, les morts de l’hiver devenus banals, les queues qui s’allongent à la soupe populaire, les prix qui flambent, la criminalité qui explose à Marseille, la canicule et les inondations ; tout cela nous installe peu à peu dans l’inhabitable, dans le chaudron de la grenouille, celle qui finit ébouillantée parce qu’elle s’accoutume à l’augmentation thermique progressive, au lieu de sauter courageusement hors de la marmite.

Il nous faut sauter le pas si nous voulons vivre dignement. Accueillir les réfugiés, miser sur la culture et l’intelligence, réconcilier la société, laisser une planète habitable à nos enfants, et simplement vivable pour les plus pauvres d’entre nous. Il nous faut croire en l’humanité, celle qui invente des solutions alternatives, qui fabrique des spectacles enthousiasmants, celle qui traduit Babel, rapproche les peuples, pratique la compassion. Compatir, « souffrir avec » au sens littéral, reste ce que la chrétienté a inventé de plus étonnant. Mais qui veut encore imaginer ce que l’autre ressent ?

Il nous faut sauter le pas. Échapper aux pseudo-pragmatismes qui guident nos choix, nous poussant à voter contre le pire, et jamais pour ce que l’on croit. En cette année électorale, je vous souhaite d’écouter le conseil simple de Mandela : Que vos choix reflètent votre espoir, et non vos craintes. Autrement dit : n’écoutez pas les sondages, mais croyez aux projets, et à ceux qui voudront vraiment les mener.

AGNÈS FRESCHEL
Janvier 2017